Lucas Dubau veut briller aux championnats de France de cyclo-cross

Cyclisme — par Julien Lampin, le 9 janvier 2019 (17:19)

Crédit photo : Instagram Lucas Dubau

A Besançon ce week-end, les frères Joshua & Lucas Dubau auront l’ambition de retrouver le maillot tricolore de champion de France de cyclo-cross, chez les Elites cette fois. A quelques jours de l’échéance, c’est l’occasion de faire un point avec Lucas Dubau sur son année 2018, ses objectifs à venir et sa relation avec son frère et coéquipier Joshua. L’étudiant en licence de STAPS rêve toujours à long terme de Paris 2024. Entretien…

On commence tout juste 2019, peux-tu nous faire un bilan de 2018 ?

2018 avait commencé très fort avec la fin de saison de cyclo-cross où j’ai été champion de France avec mon frère Joshua qui finit deuxième. Ensuite au championnat du monde fin janvier, on était moins en forme mais c’était quand même une bonne course puisque j’ai fini vers la 15e place. Ce n’était pas exceptionnel mais la forme était là. En VTT j’ai eu une saison un peu compliquée. Avec les points UCI, tu pars en fonction de ton classement et vu que j’en ai peu je partais toujours 100-120e. Par exemple, à la première coupe du monde je pars 120e et je finis 20e, tout en ne marquant pas beaucoup de points pour repartir la fois d’après 110e. J’ai un peu galéré toute la saison comme ça. Aux championnats de France, je crève à l’autre bout de la zone technique, j’étais dégoûté et je repars 14e en finissant 6e. J’ai quand même fait une belle fin de saison avec des belles courses internationales même si je ne suis pas sélectionné aux Championnats du Monde. On a recommencé la saison de cyclo-cross et on a senti que ce n’était pas le top. Mais depuis début décembre, la forme va beaucoup mieux avec notamment ma victoire à la course UCI de Troyes, devant tous les meilleurs Français. La forme est bonne en ce moment.

Et qu’est-ce que tu as pensé de l’année 2018 de ton frère ?

On était très en forme en faisant un et deux aux France. En VTT, il a mis un petit mois à se mettre en route et à partir de mai, il a commencé à faire de gros résultats en gagnant des courses UCI, une devant tous les meilleurs mondiaux espoirs et il a gagné une Coupe du Monde. Il était toujours devant, c’était vraiment impressionnant. Aux championnats de France il a eu une crevaison, il repart 4e ou 5e et il gagne donc c’est très costaud. Il fait champion de France, champion d’Europe. Aux championnats du monde il crève et il aurait fait un podium. Au niveau de la forme c’était la saison parfaite, je suis content pour lui parce qu’il a vraiment bien réussi sa dernière saison Espoir. Maintenant depuis deux-trois semaines il est malade il est pas au top mais il peut faire une très belle fin de saison.

Es-tu satisfait de ta progression sur 2018 ?

Plutôt déçu en VTT. En cyclo-cross je suis dans les clous. Entre guillemets, la saison se fait toujours sur la fin. Tu as beau avoir fait des bonnes courses en début de saison, si tu te rates aux France, ta saison devient ratée parce que t’as raté les France. Les championnats en fin de saison c’est vraiment important donc j’espère briller ce week-end.

« Gagner en puissance et en endurance »

Que penses-tu qu’il te manque pour passer un nouveau cap ?

Pour l’instant, c’est de la puissance. Quand on voit les autres athlètes, au niveau technique je suis à l’aise, au niveau relance et tonicité c’est mon point fort aussi. Ce qui me manque, c’est de rouler vite longtemps. C’est une question d’endurance. J’espère qu’avec les années je vais gagner en puissance.

Comment s’est passé le passage en Elite ?

En début d’année, j’espérais être aux alentours des cinq premiers français, et j’étais plus vers les 8-9. J’étais un peu déçu mais finalement en décembre j’ai carrément gagné une course devant tous les meilleurs Français. J’étais vraiment content parce que sur les dernières courses je ne me sentais pas réellement bien alors qu’à l’entraînement ça allait super. Là j’ai réussi à faire ce que je faisais à l’entraînement. Un début de saison compliqué mais je me suis bien rattrapé.

Au cyclo-cross de Troyes et au championnat d’Île de France, tu termines premier devant ton frère Joshua. Les podiums aux côtés de ton frère, c’est toujours aussi important ?

On s’entraîne tout le temps ensemble, on se pousse. Quand on est en course, s’il y en a un qui est devant et l’autre derrière ça nous pousse aussi. S’il y en a un qui est premier et l’autre 10e, on est un peu déçus quand même. Mais si on est devant à deux on est plus forts. Quand je gagne et qu’il fait 2e, on était en forme. Joshua était un peu malade après Noël et c’était compliqué pour la fin de saison. L’objectif sera vraiment ce week-end, mais on sait qu’on peut faire premiers comme dixièmes.

« L’objectif commun, avec Joshua, ce sont les Jeux 2024 »

Justement ce week-end aux championnats de France de cyclo-cross, comment tu abordes la course ?

Je ne suis pas quelqu’un qui stresse beaucoup avant un championnat. La forme a toujours été là quand j’arrivais sur un championnat. Le circuit de Besançon n’est pas trop physique. S’il pleut vraiment, ça peut rendre le circuit physique et ce sera vraiment dur. Il y a deux gros favoris, Francis Mourey et Clément Venturini, mais on est plusieurs à jouer le titre. Ça va être un très beau championnat de France, tout est ouvert. Avec Joshua on se dit que c’est possible, on y va sans pression pour une première saison élite.

Tes objectifs en 2019 ?

Déjà un podium pour dimanche. Jouer la gagne le plus possible. Puis rentrer dans les cinq meilleurs Français Elites. Pour Joshua, ce serait plutôt les trois voire la première place. En coupe du monde j’aimerais grappiller des places de plus en plus. Là je vais partir 130e, être dans les 50 premiers ce serait bien. Joshua va viser plutôt des top 20 puisqu’il partira à la 30e place.

Les Jeux Olympiques, c’est le grand objectif ?

Oui. Justement on a signé avec l’équipe SUNN jusque 2021 avec l’objectif des JO. Si pour moi ça va être compliqué, pour Joshua ce sera de faire des gros résultats pour une potentielle sélection aux JO en 2020 à Tokyo. Moi c’est plutôt 2024. Mais si je me mets à vraiment marcher fort cette saison tant mieux mais je pense avoir du retard. On va voir comment ça va venir. L’objectif commun avec Joshua c’est 2024, même si on sait qu’il n’y a que deux ou trois places, faut vraiment être dans les meilleurs français. Et les français en VTT, il y en a trois dans les dix meilleurs mondiaux donc les places seront chères.

Propos recueillis par Alexandre DELFAU