Savez-vous que le vin de champagne est historiquement lié aux courses automobiles ? Que la première femme détentrice du permis de conduire est la petite-fille de la Veuve Clicquot ? A quand remonte la tradition du débouchage de bouteille sur un podium ? On vous en dit plus.
Par Charles DE CARVALHO
Saviez-vous que c’est à Reims en 1950, que pour la première fois, des pilotes de Formule 1 ont célébré leur victoire avec du champagne ? Il faut savoir que le vin de champagne est lié aux courses automobiles dès leur création, à la fin du 19e siècle. Les maisons de champagne sont souvent les mécènes de ces courses. Des événements de plus en plus populaires, et les dirigeants champenois ont bien compris l’intérêt qu’ils pouvaient y trouver en terme de communication et d’image. Certains dirigeants sont eux mêmes de grands passionnés de sport automobile. Jean Dolan, par exemple, directeur d’une maison de champagne, participe à un grand nombre de courses automobiles dans les années 1920 et 1930.
A noter aussi que la première femme détentrice d’un permis de conduire est Anne de Rochechouart de Mortemare, plus connue sous la dénomination de duchesse d’Uzès. Cette grande passionnée de sport et d’automobile, obtient son permis en mai 1890. Deux mois plus tard, elle est la première femme à être verbalisée pour excès de vitesse alors qu’elle roulait dans le bois de Boulogne à la vitesse de 15km/h au lieu des 12 autorisées. La duchesse d’Uzès n’est autre que l’arrière petite fille de la célèbre Veuve Cliquot, elle même première femme à diriger une maison de champagne.
Fangio à Reims, avec un jéroboam
A Reims, le premier Grand prix automobile organisé en 1925, est ainsi sponsorisé par des marques de champagne. C’est aussi le cas pour le Grand Prix de France lors du 37e championnat du monde de Formule 1, organisé sur le circuit de Reims Gueux, le 2 juillet 1950. Il est sponsorisé par deux grands amateurs locaux de course automobile. Paul Chandon Mouet et son cousin le comte Frédéric Chandon de Braille. Et pour la première fois, lors d’une course de Formule 1, le vainqueur, le grand champion argentin Juan Manuel Fangio, se voit remettre publiquement un jéroboam.
Ce n’est pas le premier vainqueur d’une course automobile à se retrouver avec une bouteille de champagne dans les mains au moment de célébrer sa victoire. Le premier serait l’Italien Tazio Nuvolari en 1936, lors d’une course disputée à Long Island, aux États Unis, déjà sur une Alfa Romeo comme Fangio, 14 ans plus tard. Mais à cette époque, il ne serait pas venu à l’idée des vainqueurs de déboucher la bouteille et d’arroser tout leur entourage. Cette tradition viendra en 1966, après la victoire d’une écurie américaine lors des 24h du Mans.
Un incident devenu tradition
Alors que les vainqueurs de cette célèbre course d’endurance avaient jusque là droit à une flûte de champagne apportée par un serveur sur un plateau, les Américains réclament un jéroboam. Sauf que la bouteille a été trop secouée. Conséquence, le champagne jaillit du flacon en geyser et éclabousse tous les présents aux alentours. Cet incident va finalement s’imposer comme une nouvelle pratique lors des grandes courses automobiles, mais aussi pour tout grand événement sportif.
L’histoire d’amour entre la Formule 1 et le vin de champagne va perdurer jusqu’en 2017. Puis les vainqueurs fêteront leur victoire avec un vin de Californie, vin appartenant toutefois à une marque champenoise, puis avec un vin mousseux italien. En 2025, le vin de champagne fait son grand retour sur les podiums grâce à un partenariat entre les dirigeants de la Formule 1 et un géant français du luxe. Le contrat porte sur les dix années à venir pour un montant de près d’un milliard d’euros. L’alcool étant toutefois interdit dans certains pays du Moyen Orient, de l’eau de rose sera utilisée pour célébrer les victoires.