Elites ou amateurs, même combat à la Foulée des Sacres

Ce dimanche aura lieu la mythique Foulée des Sacres, organisée par l’association des sapeurs-pompiers et la Ville de Reims. Cette année encore, elle se déroulera sous deux formats : 5 km et 10 km. Les deux courses partiront de l’avenue Marchandeau, à 9h30 pour le 5km puis à 11h pour le 10km. A cette occasion, nous avons interrogé Justine et Quentin Bouvier. L’occasion de déconstruire certains mythes liés à la recherche constante de performance, notamment à travers les comparaisons entretenues par les réseaux sociaux.

Justine, 23 ans, est étudiante en droit et actuellement en Service Civique au sein de la radio RJR. Surtout, elle aime se lancer de nouveaux défis. Ce dimanche, elle fera partie des milliers de coureurs qui s’élanceront sur le 10 km de la Foulée des Sacres. Une première pour la jeune rémoise, issue de l’univers du CrossFit. « Je n’ai jamais fait plus de 6 km », affirme-t-elle. Ce défi marquera sa première véritable immersion dans l’univers de la course à pied, qu’elle aimerait approfondir davantage par la suite.

Mais pourquoi la Foulée des Sacres en particulier ?

La Foulée des Sacres, ce n’est pas totalement nouveau pour moi. J’ai déjà pu être spectatrice et j’étais pompier volontaire, donc j’en ai entendu parler. Je voulais la faire parce que ma sœur court depuis longtemps. C’était un peu notre défi. Là, elle m’a annoncé qu’elle ne pouvait pas participer… J’ai quand même eu un dossard grâce à l’URCA”. Derrière un objectif ambitieux, peuvent néanmoins apparaître des doutes en coulisses. Suis-je prêt physiquement ? Vais-je réussir à franchir la ligne d’arrivée ? Comment cela va-t-il se passer ? Que vont penser les autres de moi ?

Aujourd’hui, la course à pied est l’un des sports les plus accessible et médiatisé, notamment depuis la crise du Covid-19. On pourrait presque dire qu’elle est passée d’une mode à un standard. De ce fait, la performance est souvent banalisée, particulièrement sur la distance du 10 km. Dans cet univers, la comparaison occupe une place importante, notamment à travers les applications de suivi et les réseaux sociaux. “Je ne partage pas mes performances parce que je ne les trouve pas encore assez bonnes. Regarder trop les performances des autres peut me démotiver à débuter. J’ai souvent tendance à me comparer en me disant : – Moi, je serai incapable de faire ça – C’est plus décourageant que source d’admiration. Là, je vais me lancer, je vais être toute seule derrière. Ce que j’envie chez les gens qui se montrent sur les réseaux, au-delà des performances, c’est leur motivation, leur sourire. J’envie leur aisance”.

Quentin Bouvier : la course comme école de vie

Malgré toutes ces nouvelles complexités qui entourent les fondements mêmes de ce sport, Justine ne se laisse pas abattre. Pour elle, avant d’être un défi, la course est surtout une possibilité de s’émanciper des enjeux et de la pression sociale. “Malgré toutes mes peurs, je cours parce que ça me permet de me déconnecter. Et je vais continuer à courir pour découvrir davantage cet exutoire”.

Si, pour Justine, la course est un exutoire, pour Quentin, elle est avant tout une forme d’éducation. Quentin Bouvier a beau être un coureur expérimenté, avec un record personnel de 29’20 sur 10km, il n’en reste pas moins un passionné. “Mon premier 10k, c’était à l’occasion du Run in Reims lorsque j’étais encore cadet. C’était ma première course avec les adultes. J’avais pas mal d’appréhension, mais j’étais surtout content de courir avec les meilleurs athlètes que je voyais habituellement sur les compétitions”.

Comme il l’expliquait lui-même dans le mag’ (ICI), même si les objectifs évoluent avec le temps, le stress et les émotions restent les mêmes lors des grandes compétitions. Il met également l’accent sur la résilience, la patience et la solidarité qui l’ont accompagné tout au long de son parcours et qui continuent de jouer un rôle essentiel aujourd’hui. “Je pense que sans la patience, la résilience et l’entourage, je ne suis pas certain que je continuerais à courir aujourd’hui, du moins dans une logique de performance”.

Chacun sa course, chacun son histoire. Des objectifs différents à travers des émotions qui rassemblent : pour Quentin, l’objectif sera de terminer à la première place. Pour Justine de franchir la ligne d’arrivée. Deux parcours, deux ambitions, mais une même passion y compris pour des milliers de coureurs chaque année sur les routes rémoises.

Bonne course à toutes et à tous !