Le pongiste rémois Abdel-Kader Salifou revient en France

Sports de raquette — par Julien Lampin, le 24 avril 2021 (16:19)

Crédit photo : TSV Bad Königshofen

Après trois saisons passées à l’étranger, d’abord en Pologne puis en Allemagne, le pongiste marnais va retrouver le championnat français. Pour l’exercice 2021-2022, l’actuel 179e joueur mondial défendra les couleurs de Chartres, en course pour la montée en Pro A. Zoom sur la carrière du Rémois Abdel-Kader Salifou. 

Alors qu’à l’âge de 10 ans, beaucoup de jeunes garçons choisissent de s’orienter vers les terrains de football, Abdel-Kader Salifou, à lui, opté pour le tennis de table. « On en faisait lors des activités après l’école. Mon grand frère en faisait avant moi, et forcément je l’ai suivi. De fil en aiguille je me suis inscrit », explique le Rémois. Un choix judicieux. Talentueux raquette en main, le pongiste est vite repéré. Un an après ses débuts à l’Olympique Rémois Tennis de Table, le Marnais intègre le Creps de Reims avant de rejoindre le pôle France de Nancy en 2002, année où il est champion de France minime. À 15 ans, il quitte la Meurthe-et-Moselle pour l’INSEP. Il y restera jusqu’à ses 26 ans. 

En parallèle de ses 11 années passées dans le célèbre centre de l’Institut national du sport, le double champion de France junior en 2006 et 2007 fait les beaux jours de plusieurs clubs français. « J’ai joué jusqu’à mes 18 ans à l’Olympique Rémois. Après je suis parti jouer dans les divisions supérieures ». D’abord quatre années à Issy-les-Moulineaux (Pro B), puis également quatre années à La Romagne (Pro A), et enfin deux saisons du côté de Rouen (Pro A).

La Pologne puis l’Allemagne

En 2018, le vice-champion de France 2013 décide de plier bagage pour vivre sa première expérience à l’étranger. « J’ai eu envie de voir ce qu’il se passait à l’étranger. Je n’étais pas forcément satisfait de mon niveau de jeu quand j’étais en France donc j’ai essayé de bousculer un peu les choses, de chercher une autre méthode et d’essayer de grandir par moi-même », glisse le droitier de 31 ans. L’ex-international tricolore rejoint alors la Pologne. Après une saison dans le championnat local, le représentant de la Cité des Sacres débarque en Bundesliga (Allemagne), l’un des championnats références en Europe. 

La première année, le Rémois évolue au TTC Neu Ulm avant de s’engager, la saison suivante, pour le TSV Bad Königshofen. « Je suis très satisfait de ma première année en Allemagne puisque j’ai battu deux fois le vice-champion du monde (Mattias Falck) et une fois le numéro 6 mondial. C’était ma meilleure saison en Bundesliga. Malheureusement, cette année j’ai eu le Covid en début de saison. Et concrètement, je ne m’en suis jamais vraiment remis. J’ai galéré plusieurs mois. En plus ça m’a cassé dans ma préparation donc ça a été compliqué de revenir. Ma saison a été moins bonne même si elle est restée correcte ». Pas de quoi démoraliser le 179e joueur mondial, bien au contraire. Ces trois années passées à l’étranger lui ont permis de retrouver le sourire. « Ça m’a apporté une autre vision de jeu, une autre manière de jouer. Je pense que j’ai beaucoup muri. Il s’est passé plusieurs choses en moi. J’ai commencé à vraiment y croire à fond puisque mes résultats ont quand même été relativement bons », souligne l’ex-n°83 mondial qui, avec son équipe du TSV Bad Königshofen a échoué de peu à une qualification pour les play-offs en mars dernier.

De retour en France

Sa saison de Bundesliga terminée depuis un mois maintenant, Abdel-Kader Salifou a décidé de ne pas prolonger son aventure Outre-Rhin. Le Marnais s’est récemment engagé avec Chartres (Pro B), toujours dans la course pour l’accession à la Pro A à quatre journées de la fin du championnat. « J’ai voulu m’éloigner pour essayer d’améliorer mon niveau de jeu et apprendre des nouvelles choses. Je suis plutôt très satisfait de cette expérience là. Mais c’est vrai que je suis content de revenir en France. C’est quand même mon pays alors forcément je suis heureux de revenir jouer à domicile », se réjouit l’athlète. Sur le plus long terme, le pongiste a des ambitions. « Ce que j’aimerais, ce qui n’est vraiment pas évident, un titre de champion de France et une qualification pour les JO de Paris en 2024 », lance le néo-Chartrain qui est à la recherche d’un sponsor pour l’accompagner dans sa quête des Jeux Olympiques. Certainement l’un de ses derniers objectifs dans une compétition majeure avant de potentiellement revenir dans la Marne pour finir sa carrière à l’Olympique Rémois Tennis de Table, là où tout a commencé.