Lens – Stade de Reims • Le J+1 | Reims continue d’apprendre

Football — par Fabien Moretto, le 17 décembre 2023 (11:57)

Au lendemain de la défaite des Rouge & Blanc sur le terrain de Lens pour le compte de la 16e journée, revenons surles bons et mauvais points et les interrogations que soulèvent le match des hommes de Will Still dans l’Artois.

Le bulletin

  • Yevhann Diouf ⭐⭐
  • Yunis Abdelhamid ⭐⭐⭐
  • Joseph Okumu ⭐⭐⭐
  • Emmanuel Agbadou ⭐⭐⭐⭐
  • Keito Nakamura⭐⭐
  • Reda Khadra⭐⭐⭐⭐
  • Azor Matusiwa ⭐⭐⭐
  • Junya Ito ⭐⭐⭐⭐
  • Teddy Teuma ⭐⭐⭐
  • Mohamed Daramy ⭐⭐⭐
  • Thibault De Smet ⭐⭐⭐

L’analyse

Défaite frustrante pour un Stade de Reims qui continue de grandir. Ce match à Bollaert était un test, Lens a fait une saison exceptionnelle l’année dernière, est un peu plus en difficulté durant cette première partie de championnat mais revient bien à l’approche de la trêve hivernale. C’est une équipe que Reims doit progressivement être en mesure de battre si elle veut vraiment passer ce cap qu’elle entrevoit depuis quelques saisons. Et hier les hommes de Will Still ont longtemps fait mieux que jeu égal avec les Sang et Or. Las, de la maladresse dans les zones décisives n’ont pas permis de valoriser les bonnes ambitions rémoises. Pire, elles ont permis à Lens d’ouvrir le score. Après le break lensois en seconde période, Reims a baissé le pied, incapable de revenir au score.

Les clés du match

Le but refusé à Daramy après arbitrage vidéo et un hors-jeu au dixième de millimètre. C’est une lapalissade que de dire que le match n’aurait pas eu le même visage, d’autant que Reims était bien rentré dans son match et mettait Lens dans les cordes.

L’erreur de jugement entre Okumu et Diouf qui vient donner l’ouverture du score à Saïd pour Lens contre le cours du jeu. Frustrant.

Le break Lensois à la 75e et surtout la résignation rémoise qui a suivi. Reims n’avait plus de ressource pour tenter de renverser la vapeur.

Nos impressions

ON A AIMÉ

  • Les ambitions. Reims a longtemps eu les meilleures intentions dans ce match. La possession, le nombre d’occasions et de frappes sont à son avantage. C’est ce qui fait la réussite de Will Still et de son groupe. C’est un style exigeant physiquement et mentalement mais c’est aussi la base des victoires rémoises. Hier ça n’a pas fonctionné par manque de réussite notamment mais ça sourira encore à l’avenir. C’est une équipe qui continue de grandir malgré les difficultés actuelles.
  • Reda Khadra. Titularisé au milieu de terrain à la place de Richardson, il a offert de la variation, de la vitesse et une qualité de projection vers l’avant qui ont été remarquées. Un bon point pour lui. Malheureusement ses coéquipiers n’ont pas réussi à tirer profit des différences qu’il a faites.
  • Bollaert évidemment, on enfonce ici une porte ouverte mais quel stade et quel public !

ON A MOINS AIME

  • Le hors-jeu au millimètre. Dura lex sed lex dira l’autre et si ça s’était fait contre une action lensoise probablement que nous n’aurions rien dit, un petit sourire au coin des lèvres mais les hors-jeux qui se jouent sur un cheveu vont contre l’esprit du jeu. Quel avantage significatif tire Daramy d’avoir l’épaisseur d’une feuille de calque d’avance sur le défenseur lensois ? Bref, un débat sans fin, mais votre rédacteur n’aime pas.
  • La dynamique. Reims a fait un bon début de saison, salué par tous, mais il est dans une dynamique compliquée. 4e défaite en cinq match et un vrai piège à venir mercredi avec la réception du Havre pour clore la phase aller. Ajouté aux pseudo-révélations sur le déplacement de Will Still à Londres, Reims ne passe pas un bon mois de décembre. Une défaite mercredi, on pourrait même commencer à parler de crise.
  • Les maladresses rémoises, signes d’une fatigue physique et mentale du groupe. La mésentente entre Okumu et Diouf qui amène l’ouverture du score de Saïd aurait pu être anecdotique mais elle arrive à un moment de la saison rémoise qui la rend révélatrice de la dynamique actuelle et de la fatigue d’un groupe au jeu exigeant. Les mauvais choix de Keito Nakamura pourtant souvent en position favorable vont dans ce sens également. Gageons que la trêve fera du bien dans les têtes.

ON S’INTERROGE

  • Quel impact les rumeurs et les débats autour de Will Still ont-elles eu pour lui-même pour commencer. Apparu à son avantage en conférence d’avant-match, l’entraîneur rémois est apparu très éprouvé après la rencontre. « Une semaine difficile » a-t-il reconnu au coup de sifflet. S’il considère la situation comme injuste, il sait que c’est la vie de tout personne public dans le sport. Il faudra aussi s’endurcir. Mais Will Still aussi apprend et ça le rend d’autant plus sympathique aux yeux du grand public. Il sera intéressant de voir comment le Belge va gérer sa première situation sportive difficile en terme de management.
  • C’est en marge du match mais est-il encore possible de supporter son équipe en déplacement en France ? Chaque week-end c’est la valse des arrêtés préfectoraux interdisant l’accès au stade pour les supporters visiteurs sur des motifs de plus en plus aléatoires. Et, sans une intervention du Conseil d’Etat, les Rémois n’auraient pas pu soutenir les leurs à Bollaert ce samedi. Désormais, le déplacement de quelques centaines de personnes est vu comme un risque. Pendant ce temps, chaque weekend, en Allemagne, les parcages visiteurs accueillent en moyenne entre 3000 et 4000 supporters. Le 9 avril dernier, ce sont 15000 supporters de Shalke 04 qui ont fait le déplacement jusqu’à Hoffenheim. Une gestion calamiteuse des flux de personnes qui interroge dans l’optique des Jeux Olympiques à venir et montre les faiblesses du système français après les atermoiements autour de la venue des supporters sévillans à Lens mercredi. A revoir !
  • Reims a-t-il encore du jus pour le match de mercredi ? Physiquement et mentalement, les joueurs et le staff ont semblé touchés hier soir. La défaite de trop, une polémique inutile, cette semaine a été éprouvante et s’ajoute à la fatigue légitime de ce moment de l’année. A l’inverse, le Havre est sur une bonne dynamique et semble plein de fraicheur. Et si c’était la clé du dernier match de l’année.