Le Stade de Reims Natation baigne encore dans l’incertitude

sports d'eau, Water Polo — par Julien Lampin, le 14 juin 2020 (18:12)

Si les piscines rouvrent une à une à Reims et que l’activité tend vers la reprise, le Stade de Reims Natation fait partie de ces structures qui se posent des questions sur la gestion à venir. D’autant que l’intersaison sportive ne sera pas évidente à gérer.

L’été du Stade de Reims Natation ne sera certainement pas un long fleuve tranquille. D’abord parce que la crise sanitaire questionne la direction du club sur bien des aspects. Fort d’un des plus gros contingents de licenciés de la ville, le club attend, comme plusieurs autres, de savoir s’il pourra récupérer tous ses licenciés et bénévoles. De la même façon que les points d’interrogation restent nombreux autour de l’engagement des partenaires et sponsors, touchés par la crise. A ce titre, le club rémois s’est inscrit au site « Soutiens ton club », lancé il y a plusieurs semaines par le CNOSF et le ministère des sports. Une plateforme de dons qui peine à faire ses preuves d’après plusieurs retours.

De quoi préparer l’été et la rentrée avec prudence. D’autant que d’autres questions se posent quant aux structures nécessaires à la pratique des disciplines du club. Car si la piscine des Thiolettes sera à nouveau accessible dès ce lundi, elle ne le sera pas dans des conditions normales, et ne permettra donc pas un retour optimal. Un bassin toutefois utile en attendant de bénéficier de l’outil tant attendu en centre-ville. Initialement prévue pour la rentrée de septembre, l’ouverture du complexe aqualudique est en effet retardée. Le chantier, à l’arrêt pendant la période de confinement, autant que les problématiques de livraison ne permettront pas d’imaginer les Rémois dans un bassin du complexe avant la fin de l’automne.

Nicolas Missy sur le départ

Symbole de l’incertitude du Stade de Reims Natation, le travail de son équipe vitrine, en water-polo. Sans bassin fixe pour le début annoncé de la saison, le club rémois pourrait demander à disputer les premiers matchs de la saison en déplacement, quitte à inverser quelques affiches. 9e d’une saison finalement rendue blanche par le contexte sanitaire, les hommes d’Hrvoje Kundid n’avaient de toute façon pas à trembler d’une éventuelle relégation. La prochaine saison, vraisemblablement disputée à 11 (les 10 clubs d’Elite + Bordeaux 2e de N1 et autorisé à monter), devrait aussi offrir de quoi pouvoir respirer. Mais il sera aussi difficile de faire mieux dans les conditions actuelles. D’ores et déjà, le club a annoncé le départ de 4 joueurs étrangers dont « plusieurs émanent de choix du coach ». Autrement dit, crise ou pas, ils ne seraient plus rémois la saison prochaine. Ainsi Zvonimir Andelic, Thomas Bielik et Samuel Balaz ont fait leur valise.

Attendu mais moins espéré, le départ du gardien Tomas Hoferica offre plus de difficultés au club. « Il est venu de son pays l’an dernier et un an plus tard, un des meilleurs clubs européens le sollicite, difficile de le retenir », reconnaît bon joueur Franck Missy. Autre coup dur pour le manager rémois, le départ plus que probable de son fils, Nicolas Missy vers Strasbourg. Là aussi, difficile de retenir un élément qui a longtemps sacrifié sa carrière pour le projet rémois. Pour le remplacer, Aleksandar Pesteric semble être une excellente pioche. Venu de Noisy (4e au moment de l’arrêt du championnat, 80 buts en 2 saisons et demi), le Serbe est aussi passé 4 ans par la Turquie où il a terminé deux fois meilleur buteur du championnat. Ayant aussi joué pour Aix en Provence et en stage de sélection avec la Serbie, Aleksandar Pesteric a le profil du parfait remplaçant de Nicolas Missy.

recrues de choix, gardien en attente

Autre recrue de choix, la signature de l’expérimenté Zejko Kovacic. Déjà passé par Montpellier avec qui il fut champion de France en 2012, l’expérimenté joueur croate retrouve son ancien coach Hrvoje Kundid. Un joueur au gros CV passé par la Croatie (ancien international), le Monténégro (3 titres de champion et deux coupes nationales), Malte, la Russie, l’Italie et le Brésil, qui a aussi joué la World League et fut demi finaliste de l’Eurocup en 2016 et 2017, et qui fera du bien au jeune effectif rémois.

Reste que le club est toujours à la recherche d’un gardien de qualité. Difficile à trouver dans un tel contexte, d’autant que la course à l’armement s’est vite emballée dans d’autres clubs tels Marseille, Strasbourg, Lille, Noisy ou Douai, avec des signatures de joueurs parmi les meilleurs du monde. Des recrutements qui laissent perplexes le manager rémois. « Où ont-il trouvé les ressources ? » se demande Franck Missy. A l’inverse, Sète, Bordeaux ou Nice semblent pour l’instant plus patients à défaut d’être en difficulté. De quoi dessiner un championnat à deux vitesses dans lequel Reims jouera une fois de plus le maintien. A ce jeu, le club semble tout de même mieux armé que Bordeaux ou Sète. Un peu de sérénité au milieu de tant de questions…