Phallon Tullis Joyce : « J’espère que les USA vont tout gagner »

Football, Interviews — par Julien Lampin, le 11 juin 2019 (16:06)

Phallon Tullis-Joyce s’est rapidement acclimatée au Stade de Reims. Participant à la seconde partie de la saison qui a vu les Rouge et Blanche atteindre la D1, la gardienne US a été élue meilleure gardienne de l’Euro Winners Cup de beach soccer à Nazaré (Portugal). Avant de pourquoi pas devenir une des révélations de D1 la saison prochaine, elle espère retrouver son pays au sommet de l’Elite mondiale cet été.

Native de New York, venue de l’Université de Miami, la grande (1m85) et toujours souriante gardienne du Stade de Reims vit son American Dream à Reims depuis cet hiver. Jeune internationale U23 avec les USA, Phallon Tullis-Joyce rêve malgré tout de doublé pour sa sélection. Un sacre espéré qui passera par la Cité des… Sacres. L’occasion d’échanger sur le soccer, vu des Etats-Unis.

Phallon, est-ce que le fait que des matchs de la Coupe du Monde se jouent à Reims a joué dans le fait de signer à Reims ?

Oui, un peu car j’ai envie de voir des matchs et en particulier ceux des Etats-Unis. Je vais rester ici encore quelques temps pour y assister.

Comment les Etats-Unis abordent cette compétition ?

Je pense que les Etats-Unis ont vraiment une grande chance. J’adore cette équipe. Dans le passé elle a montré qu’elle était très forte et elle l’est encore maintenant. Evidemment les autres pays ont de très bonnes équipes mais ça n’empêchera pas les Etats-Unis d’y arriver (rires).

Peux-tu nous expliquer le système universitaire aux Etats-Unis ?

En fait, vous avez un unique système avec l’opportunité de jouer au foot et faire des études en même temps, en particulier au plus haut niveau, à l’université. Moi à Miami, j’ai pu étudier les sciences marines et la biologie tout en jouant au foot. Les filles deviennent diplômées tout en devenant footballeuses professionnelles. Cela permet d’avoir un bagage si quelque chose se passe mal. Ils font en sorte que tu sois prête pour la suite à la sortie.

Le foot est un sport majeur aux Etats-Unis pour les femmes, quelles sont les différences en terme d’infrastructures, d’investissement, le public, les médias ?

Aux Etats-Unis on a la Ligue Nationale de foot. Et ces dernières années, il y a une vraie base de supporters. Des fois on des matchs dans les mêmes stades que les hommes, et il y a vraiment beaucoup de gens et de supporters qui viennent assister aux matchs. Ici, ça ne fait pas très longtemps que je suis en France mais je verrais bien comment ce sera en D1.

Comment percevez-vous le football chez les hommes aux Etats-Unis avec notamment la MLS par rapport à l’Europe ?

Actuellement il y a un processus de construction. Il y a eu beaucoup de changements ces derniers temps pour obtenir un bon niveau. Les femmes ont toujours eu beaucoup de succès dans le foot et ils essayent de faire pareil avec les hommes maintenant. C’est juste le temps de la période de construction.

Les Américains pensent-ils que c’est un sport pour les femmes du coup ?

Non je ne peux pas dire ça, mais je sais qu’ils sont plus concentrés sur le basket et le football américain. Il y a beaucoup plus d’argent investi dans ces sports que dans le soccer.

Revenons à cette Coupe du Monde. Est-ce que d’être l’actuelle meilleure équipe de tous les temps ne représente pas une grosse pression pour les joueuses ?

C’est sûr. Mais elles ont travaillé dur et les autres pays aussi. Il y a moins de nervosité quand la compétition est correctement préparée bien avant.

Un pronostic ?

Les USA bien sûr, j’espère qu’elles vont gagner tous leurs matchs (sourire).

Propos recueillis par Alexandre DELFAU

 

Crédit photo : Julien LAMPIN