Bruno Génard : « On peut accueillir 2 ou 3 délégations étrangères »

Divers, Interviews — par Julien Lampin, le 29 septembre 2018 (16:46)

Crédit photo : Medef Sport 51

Reims et la Marne vont-ils tirer profit de l’accueil des Jeux Olympiques de Paris en 2024 ? L’intention est là. Il faut désormais l’organiser. Les volontés de convergence aident à le penser.

On se souvient de l’enthousiasme suscité le 13 septembre 2017 dans le Creps de Reims où s’étaient réunis tous les acteurs et décideurs du sport local. Depuis, il convient de s’organiser pour que chacun ait un morceau de gâteau. Certes, 80 % des lieux de compétition connus sont situés à 10 km à la ronde autour du village olympique, en Seine-Saint-Denis. Huit autres villes ont par ailleurs été choisies pour accueillir des compétitions. Pas Reims. Pour autant, la Cité des Sacres pourrait bien devenir une base arrière (désormais appelée centre d’accueil) par le COJO, le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques.

L’accueil de délégations étrangères ou le relais de la flamme olympique sont autant d’opportunités. Une conférence en début de mois à Châlons permettait à la municipalité de mettre en avant ses atouts, fort de l’expérience de l’organisation des France Elite d’athlé, de l’accueil du Final Four de hand ou de la prochaine Coupe du Monde féminine de football. Fort aussi de l’arrivée à point nommé du complexe aqualudique et du futur Arena de Reims, le tout à 30 minutes de la capitale. Le Creps de Reims aussi compte bien tirer son épingle du jeu. L’accueil d’athlètes de haut niveau et d’Equipe de France (escrime, judo, foot US) et l’installation récente des groupes d’entraînement de Pascal Martinot-Lagarde ou Teddy Tamgho sont autant d’atouts. Des projets sont encore à venir… Rencontre avec Bruno Génard, ancien pentathlète international, et directeur du Creps de Reims :

« Paris 2024, c’est maintenant que ça se prépare »

A 6 ans, des Jeux 2024, tout un territoire est réuni dans une même direction..

Absolument, je crois que c’est un point de départ sur la convergence de toutes les institutions, les opérateurs, le mouvement sportif, pour se dire que Paris 2024, c’est maintenant que ça se prépare. Des projets sont déjà dans les clous, mais il faut savoir les fédérer et les faire progresser ensemble. Cette notion de collectif, elle est indispensable. Aujourd’hui, la région Grand Est a une grosse envie de bouger, les fédérations, la mairie de Reims et le département de la Marne aussi. Tout est prêt aujourd’hui pour qu’on propose des projets de très grande qualité, avec les installations, les savoirs-faire, l’expertise que nous possédons, pour le mettre au service des athlètes et évidemment avoir les meilleurs résultats

On ressent un enthousiasme et un dynamisme au niveau de tous les décideurs et des différentes structures concernées, mais il faut aussi convaincre le grand public que la mobilisation demeure d’actualité…

Oui, il faut que la population adhère au projet. Elle l’a bien fait lors de la candidature qui a abouti le 13 septembre 2017. Aujourd’hui, il faut continuer à mobiliser. Ca passe par des clubs attractifs, avec des installations de qualité, on bénéficie aussi de plus en plus d’approches sport-santé, sport dans l’entreprise, qui permettent d’approcher le grand public par des biais différents. Le Creps est au coeur de tout cela. Nous voulons prendre toute notre place dans ce rôle d’opérateur phare dans la région avec les Creps de Nancy et Strasbourg. Nous avons chacun nos qualités et nous devons mutualiser des choses pour avoir une force de frappe en terme d’accueil de haut-niveau. Peut-être que la moitié des athlètes de 2024 sont déjà dans nos Creps. On doit les accompagner, tout comme les athlètes isolés.

Crédits : Ville de Reims

Les atouts du Creps de Reims sont nombreux mais ils doivent encore évoluer. Comment ?

Nous sommes sur un projet aux alentours de 4 à 5 millions d’euros sur les quatre prochaines années pour construire un nouveau terrain de football, agrandir la halle d’athlétisme avec une zone d’échauffement et une tribune. Nous avons aussi en projet l’espace de balnéo-thérapie, un espace d’accueil de bon standing pour accueillir des équipes nationales et de France notamment, avec salle de vidéo, de repos, etc. Nous referons notre piste finlandaise qui était très appréciée mais qui s’est détériorée, autant de projets financés par la région dès que ce sera voté. Evidemment, plus tôt ce sera fait, mieux ce sera, mais cela permettrait aussi d’accueillir des équipes étrangères pour 2024. Il faudra aussi contractualiser des choses avec la Ville de Reims qui a des installations, mais on peut apporter le savoir-faire sur le médical, la restauration, ou l’accompagnement.

Ca veut dire que Reims peut être centre d’accueil pour les JO de Paris 2024 ?

La région, pour les trois Creps et la Ville devraient être candidats, oui.  Mais il doit encore y avoir des échanges, des partenariats. Il faut que ça aille assez vite, d’autant qu’une application interactive existe déjà, à l’image de ce qui se fait pour Tokyo 2020. Mais on peut accueillir 2 ou 3 pays en escrime, idem en judo. Le COJO va lancer l’appel à candidature cet automne. Nous y répondrons de manière précise avec la région.