Paul Sinibaldi, pionnier du Stade de Reims, n’est plus

Football — par Julien Lampin, le 2 avril 2018 (15:22)

Crédit photo : Archive Stade de Reims

Il était né en Corse, mais une partie de sa vie et de son coeur était rouge et blanc. Le Stade de Reims vient de perdre un de ses pionniers et grand ambassadeur. Paul Sinibaldi (debout, 4e en partant de gauche sur la photo) est décédé. Il avait 96 ans.

C’était jusque là le plus vieil international encore en vie. Il ne l’est plus depuis ce lundi. De sa génération, ce n’était pas le plus connu. Mais aux côtés des Robert Jonquet, Albert Batteux, Raymond Kopa dont il disait régulièrement que c’était son « petit frère » et bien sûr son frère Pierre Sinibaldi, Paul a participé au grand Reims. Celui qui faisait trembler toutes les écuries françaises et européennes. Celui qu’ils étaient nombreux à vouloir rejoindre. Dans ses buts, Paul, le gardien, fait partie de ces pionniers qui ont écrit l’histoire du Stade de Reims.

Paul Sinibaldi découvrait le football à Marseille avant de rejoindre Toulouse puis Nîmes. Il fera le grand saut dans le Nord en 1948 lorsque le Stade de Reims lui fait les yeux doux. En devenant vite titulaire indiscutable dans les cages rémoises, son nom commence à résonner. Champion de France en 1949 et vainqueur de la Coupe de France en 1950, il devient international français le 4 juin de la même année contre la Belgique. Ce sera sa seule sélection.

Paul, le grand frère

En club, Paul Sinibaldi réalise à nouveau des merveilles et contribue aux nouveaux titres nationaux de Reims en 1953 et 1955. Mieux, il participe à la victoire en Coupe Latine, la Coupe d’Europe qui a précédé la Ligue des Champions en 1953. Il perdra aussi en finale en 1955. Puis vient le temps des blessures. Moins performant, il perd sa place de titulaire et participe sur le banc à la finale européenne de 1956 contre le Real Madrid.

Après sa carrière, Paul Sinibaldi se lançait dans le commerce mais a toujours gardé un oeil bienveillant sur le club et notamment sur Raymond Kopa, le petit frère. Il était d’ailleurs le parrain de son fils. Dans un communiqué, Jean-Pierre Caillot, le président du Stade de Reims a partagé sa tristesse : « Nous avons appris avec une profonde tristesse la disparition d’un pionnier de la grande histoire du Stade de Reims. Paul Sinibaldi. Je n’ai pas eu la chance de connaître le joueur, mais j’ai pris grand plaisir à côtoyer l’homme, que je rencontrais dans le Sud pendant la période estivale. Le mot qui me vient à l’esprit, c’est humilité. Monsieur Sinibaldi parlait de son Stade de Reims avec douceur et évoquait le club avant de mettre en avant sa propre carrière. Au nom du Stade de Reims, je transmets mes plus sincères condoléances à ses proches et sa famille. Celle du SDR ne l’oubliera pas : nous, dirigeants du Stade de Reims, avons un ardent devoir de transmission ».