Pourquoi peut-on déjà dire que le Stade de Reims ira en Ligue 1 ?

Football — par Julien Lampin, le 17 février 2018 (15:32)

Crédit photo : Julien LAMPIN

En remportant à Ajaccio, certes dans la difficulté, une 19e victoire cette saison, le Stade de Reims n’a pas encore mathématiquement officialisé sa montée. Mais avec désormais 14pts d’avance sur ses poursuivants, difficile d’imaginer une autre issue. Voilà pourquoi :

1/ PARLONS PEU, PARLONS CHIFFRES

60 points après 26 journées. Seul Lille, en 2000 avait réussi pareille performance en Ligue 2 jusqu’alors. A l’époque, le LOSC comptait 12pts d’avance sur Toulouse et 14 sur Guingamp. Lille était logiquement devenu Champion de France avec 83pts, soit 16 de plus que Guingamp, second.
Autre référence, en 2007, avec Metz. Fort de 58pts après 26 journées (+12pts sur le 4e), les Messins étaient restés solidement en tête jusqu’à la fin (76pts). Idem pour Le Havre en 2008. Avec moins de points (53), les Normands possédaient tout de même 10pts de plus que Bastia, alors 4e. Forts d’une fin de saison impressionnante, ils ont terminé en tête avec 78pts et 20pts de plus sur le 4e.

Les années suivantes, Lens, Caen et Metz (2014) qui avaient au moins dix points d’avance sur le 4e dans la course à la montée n’ont pas tremblé non plus. Autrement dit, jamais lorsqu’un club a compté un matelas de plus de 10pts pour la montée, n’a échoué. Avec 14pts d’avance sur les 2e et 3e, les statistiques auront du mal à être déjouées pour le Stade de Reims.

2/ LE CALENDRIER

Le Stade de Reims est cette année une machine à gagner, qui sait assumer son statut. Parfois accrochés (3 nuls et 4 défaites), les Rémois n’ont jamais failli contre les clubs qui apparaissent dans la seconde moitié de tableau. Ainsi contre les clubs de la 11e à la 20e place, le Stade de Reims a empoché 100% des points en jeu ! Une régularité impressionnante. Or la moitié des adversaires qu’il reste à jouer (Quevilly, Lens, Nancy, Auxerre, Niort et Valenciennes) sont aussi dans la seconde partie de tableau. Si la dynamique reste la même, inutile de faire de dessins, les points seront suffisants pour monter. D’autant que sur les six autres équipes (donc de la première partie de tableau), 4 seront reçues à Delaune (Châteauroux, Le Havre, Ajaccio, Nîmes).

 

3/ LES AUTRES ADVERSAIRES PIOCHENT

Là où le Stade de Reims a été jusqu’ici intransigeant, ses adversaires ont connu bien moins de régularité. La journée de vendredi est éloquente à ce sujet. A égalité de points derrière le leader, Nîmes, le Paris FC et Ajaccio ont tous échoué à rester dans le sillon des Rémois. Ils jouaient pourtant contre des adversaires abordables. La plus grande contre-performance est à mettre à l’actif des Nîmois. A domicile contre les derniers du championnat, les Gardois ont rapidement menés 2-0, avant de se faire rejoindre dans les arrêts de jeu ! Une situation connue aussi pour les Parisiens à Orléans. Ouvrant le score juste avant la pause, le Paris FC a vu Orléans revenir à la dernière minute (1-1). Pire, Ajaccio a pour sa part subi un revers à Valenciennes 2-0. Une irrégularité qui laisse à penser que les poursuivants lâcheront encore des points.

4/ LA FORCE DE CARACTERE

C’est une remarque que nous avions faite dès le début de saison, le groupe rémois semblait sain, soudé, compétitif et compétiteur. A plusieurs reprises, les Rouge et Blanc ont depuis confirmé cette impression, montrant un état d’esprit et une force de caractère supérieurs à ses concurrents. Plusieurs fois menés (à Sochaux, à Niort, contre Valenciennes), les Rémois sont revenus et se sont imposés. Signe d’un orgueil salvateur. Dans le même sens, les Rémois se sont interdits de longues séries sans victoire malgré l’avance significative au classement. Ainsi après la défaite contre Lorient, Danilson Da Cruz, le capitaine rémois, avait promis une réaction à Brest puis Sochaux. Elle fut confirmée sur le terrain. Une mentalité primordiale encore démontrée vendredi soir à Ajaccio. Bousculés puis menés au score par les Corses, ils ont immédiatement réagi pour égaliser puis prendre l’avantage. Plus empruntés qu’à l’accoutumée, ils ont ensuite fait le dos rond pour tenir le score. Un relâchement serait humain, mais les Rémois ont trouvé le levier pour ne pas céder à l’euphorie. Nouvel objectif ? Faire mieux que le total de points de la phase aller. Ca promet…

5/ UN PHYSIQUE IMPRESSIONNANT

Combien de fois le Stade de Reims a laissé courir son adversaire, l’a fait travailler, l’a usé en imposant des duels à l’impact physique important, avant de piquer en deuxième mi-temps ? Souvent depuis le début de saison. Ce fut encore le cas contre Sochaux il y a huit jours. Plus en difficulté à Ajaccio, face au Gazélec, les Marnais sont restés malgré tout solides dans l’impact. Pour preuve les deux buts marqués sur coup de pied arrêté et le nombre de duels et de ballons gagnés au milieu de terrain. Moins aériens depuis le début de l’année 2018, les Marnais ont jusqu’ici parfaitement géré les temps faibles. L’hiver, le froid, l’accumulation d’efforts ont logiquement engendré une baisse d’intensité physique. Mais les Marnais ont parfaitement su compenser. Avec le retour progressif de quelques blessés, les Rémois devraient retrouver leur allant dans la dernière ligne droite.

6/ DES BLESSURES SANS CONSEQUENCE

Plusieurs observateurs ont pu s’inquiéter de l’enchaînement des blessures en début d’année. Dans la foulée de la blessure longue durée de Youssouf Koné, ont suivi celles de Hassane Kamara, Edouard Mendy, Diego, Samuel Bouhours, Johann Carrasso ou encore Marvin Martin. Pour autant, le rendement n’a pas diminué. Les entrants, à l’image de Nicolas Lemaître ou Axel Disasi ont été dignes de la confiance portée. Illustration des propos maintes fois répétés de David Guion sur la notion de groupe. Avec un effectif homogène, comprenant des éléments jeunes et d’autres d’expérience, le club sait pallier les absences. Mieux, Rémi Oudin rappelait la semaine dernière que le groupe avait à coeur de se battre pour les absents.
Seul inconvénient, l’absence de Marvin Martin limite la possibilité d’évoluer en 4-2-3-1. Si le dispositif en 4-4-2 fonctionne idéalement, il était intéressant d’adapter ou de permuter entre les systèmes pour surprendre des adversaires qui connaissent bien, désormais, les Rémois.

7/ LA MEILLEURE DEFENSE

Pas de clean sheet cette semaine. Mais la défense rémoise reste la force de l’équipe cette saison, tant la forteresse rémoise est difficile à prendre. Et en plus de bien défendre, les arrières savent aussi marquer à l’image de Yunis Abdelhamid, double buteur vendredi en Corse. Yunis Abdelhamid, véritable taulier, et Julian Jeanvier, ne sont pas seuls. Il faut saluer l’organisation impressionnante du bloc défensif, rarement dépassé. Et lorsqu’un joueur est en difficulté, il est quasi systématiquement couvert par un autre. Et le repli des attaquants et le travail notamment de Pablo Chavarria n’y est pas anodin.

8/ DOMICILE, EXTERIEUR, PEU IMPORTE

Le Stade de Reims sait voyager. S’il n’a pas gagné à Brest, il n’a pas perdu non plus. Une aisance confirmée vendredi à Ajaccio. Et l’air de rien, les Rouge & Blanc n’ont plus perdu loin de leurs bases, en championnat, depuis le 13 octobre 2017 (à Châteauroux). Huit déplacements ont été effectués depuis (6 victoires, 2 nuls ; 10 buts marqués, 2 encaissés). De quoi caracoler en tête du classement des équipes à l’extérieur, avec 32pts en 14 matchs, loin devant Brest (21pts). Reims peut voir venir…

 Auteur d’une première partie de saison stratosphérique, le Stade de Reims n’est pas obligé de reproduire le même parcours durant la phase retour. Après 7 matchs joués depuis janvier, les protégés de David Guion font pourtant encore mieux. Tous les feux sont au vert malgré quelques pépins physiques, et la dynamique est impressionnante. Avec un matelas de points confortable et une confiance importante, les Rémois ont un pied et demi en Ligue 1, en jouant relâché et en faisant profiter ceux qui ont eu un peu moins de temps de jeu jusque là. Il sera aussi intéressant d’officialiser rapidement la montée pour préparer sereinement la suite. Au public désormais de les encourager pour les pousser à réaliser les ultimes efforts.