Au lendemain du nul quelque peu miraculeux contre Brest, Reims reste en embuscade et peut toujours espérer l’Europe mais a aussi montré quelques limites. Retour sur les éléments de la rencontre d’hier.
ON A AIMÉ
- Yevhann Diouf encore une fois décisif hier, il a permis à Reims de rester dans le match hier. Sur sa ligne ou en sortie, le portier rémois a assuré au moment où Will Still faisait logiquement All-In pour la victoire. Les contres brestois auraient rapidement pu mettre fin aux espoirs sans lui. A noter également un excellent match de Bizot dans les buts brestois.
- Le côté droit rémois, Foket/Ito, fort face à un Locko dans le dur. Ito est encore parfois sur courant alternatif mais capable de dynamiter une défense à tout instant. Foket lui est toujours au niveau, incisif et solide. En première période il faut un exploit de Bizot devant Balogun et la transversale devant Munetsi pour empêcher l’égalisation rémoise sur les centres du Belge.
- Azor Matusiwa. Il a été précieux au milieu de terrain et décisif dans son repli défensif, notamment sur un retour en 1ère mi-temps qui sauvait un De Smet passif sur un contre brestois qu’il taclait en corner. Ses transmissions n’ont pas toujours été justes mais ses changements d’aile ont souvent pu écarter le jeu d’une équipe qui s’est souvent entêté à passer dans l’axe. Il n’a pas hésité non plus à tirer de loin pour sortir un bloc breton bien en place. Mais son tir a été repoussé par Bizot. Suspendu, il va clairement manquer à Rennes samedi.
- Les Rémois, même empruntés ou sans idée, n’ont pas lâché. En atteste le penalty de la dernière minute. Si la frustration gagnait les Rémois après le match, on ne peut pas toujours gagner, et la manière peut parfois manquer. A défaut, les Rouge et Blanc ont tout de même arraché un point qui peut s’avérer précieux pour la suite.
ON A MOINS AIMÉ
- L’incapacité de hausser le rythme en deuxième période. Passées les première minutes où les Rémois ont été percutants avec deux belles frappes (non cadrées) à la clé, Reims s’est laissé prendre par un faux rythme. Sans imagination face à un bloc bien en place, les hommes de Will Still ont fait tourner sans trouver de solution. Le sentiment que, sans le penalty providentiel, le match aurait pu durer deux heures supplémentaires sans plus de résultat.
- La difficulté à trouver les attaquants dans de bonnes dispositions. C’est une conséquence du paragraphe précédent mais il a été très difficile de trouver Balogun hier (même si sa tête en première mi-temps aurait pu être décisive). Enfermé dans la nasse brestoise et peu favorisé par le rythme bâtard de la deuxième mi-temps, le rémo-gunner n’est pas parvenu à porter le danger sur le but de Bizot. Il doit encore travailler sur cet aspect de son jeu mais c’est surtout la conséquence du manque d’idées dans l’animation offensive rémoise hier.
- Entre Pâques et le soleil printanier, les Rémois étaient plus nombreux au parc Léo Lagrange qu’à Delaune. On peut le comprendre. Mais aurait-ce été pareil face à Marseille ou Paris en pareille période ? Reims joue tout de même un top 8 et rêve d’une qualification européenne. Cela vaut certainement un peu plus de soutien.
ON S’INTERROGE
- Le banc est-il au niveau ? Si Zeneli a été indirectement décisif hier en étant la victime du tacle de Lala qui a mené au penalty, les entrants ne sont pas parvenus à changer la physionomie du match. Et c’est une des faiblesses du groupe rémois, les Sierhuis, Van Bergen, Zeneli,… n’apportent pas suffisamment de percussion, de rythme quand ils rentrent. Maolida doit encore trouver sa place dans ce groupe mais semble le plus efficace quand il rentre. C’est un axe de progression pour le Stade et l’écart qui subsiste entre Reims et ses adversaires pour une hypothétique place d’européen se joue aussi dans ce domaine.
- Dans ce contexte, comment remplacer Cajuste et surtout Matusiwa la semaine prochaine, surtout si Dion Lopy n’est lui non plus pas disponible ? A Rennes le milieu de terrain sera décimé et Will Still devra être ingénieux pour trouver la solution dans un milieu si précieux qui fait tout l’équilibre de cette équipe. Remonter Agbadou en 6 ? Redescendre Flips en 8 ? Réponses samedi..
- Quelle fin de saison ? Si à Reims on se chauffe logiquement sur une place européenne jouable mathématiquement, la lucidité force à dire qu’elle serait tout de même dans le sens où il faut encore recevoir Lille et aller jouer à Rennes et Lyon. Le match à Rennes samedi devrait déjà nous dire si le rêve est possible. Si l’Europe s’éloigne au Roazhon Park, quels seront les leviers de motivation de Still pour garder un groupe concerné jusque la 38e journée. Aucun doute sur le professionnalisme du staff et des joueurs mais la saison a été éprouvante avec son démarrage compliqué, le départ d’Oscar Garcia puis les victoires au forceps, les buts à la dernière minute. Rien n’a été facile et un relâchement pourrait se comprendre. Comment le staff peut-il garder l’effectif sous pression ? Un beau défi pour Will Still.