Emmanuel Agbadou : “l’Europe n’est pas une priorité”

Avec le sourire, le solide défenseur ivoirien du Stade de Reims Emmanuel Agbadou s’est présenté ce vendredi en conférence d’avant-match avec sérieux et décontraction, à l’image d’une équipe décomplexée, heureuse de pointer à la 7e place de Ligue 1 à neuf matchs de la fin de saison. Face à la presse, il s’est présenté ambitieux mais humble face à une possible qualification européenne.

Emmanuel, le Stade de Reims est reparti sur de bons rails à Nantes. Comment appréciez-vous ce succès ?

On savait qu’un jour ou l’autre, la série allait s’arrêter. Mais la façon dont ça s’est arrêté a créé beaucoup de frustrations. C’est cette frustration qu’on a transformé sur le terrain contre Nantes. On a montré qu’on ne méritait pas la défaite.

C’est un succès qui démontre la maturité de cette équipe. Vous ressentez la même chose ?

Oui, évidemment. Je me rappelle qu’en début de saison, le coach disait qu’on manquait de maturité, qu’il fallait travailler. On a corrigé ça, à travers les petits aspects pour faire de nous une bonne équipe. C’est pareil pour moi. Vous pouvez avoir des ambitions personnelles, mais si tu n’es pas aidé par tes coéquipiers, c’est impossible. On grandit tous ensemble. On a perdu et on a gagné ensemble.

Et la solidité de la défense n’y est pas pour rien…

C’est le travail de toute l’équipe. Ca crée de la confiance. Et quand tu continue de faire des clean-sheets, tu n’aimes plus prendre de but. Ca commence à devenir notre identité. Peu importe le score, on veut garder notre cage inviolée.

“Quand tu continues de faire des clean-sheets, tu n’aimes plus prendre de but (…). Peu importe le score, on veut garder notre cage inviolée”.

Tu es revenu de blessure, comment tu as vécu cette période ?

Quand tu es blessé aussi longtemps et que tu vois ce que l’équipe fait, tu ne peux qu’être content, parce qu’avec ou sans toi, ça continue de bien jouer au foot, de dérouler. Et quand tu reviens, tu es content, parce que c’est plus facile pour réintégrer le groupe. Ca se voit qu’il y a une réelle identité qui a été instaurée, tous les joueurs répondent présent. Ca fait plaisir. Evidemment, on a hâte de revenir, mais on revient dans de bonnes conditions parce que les coéquipiers ont bien fait le boulot.

C’est Cheick Keita qui t’a remplacé durant ton absence, comment tu as pu l’accompagner ?

On parle beaucoup. Avec lui, mais avec tout le monde. Cheick est un jeune joueur déterminé qui a montré qu’il méritait d’être là.

Ton profil et celui de Cheick Keita sont différents. Et pourtant le résultat est le même.

Ca commence devant, au milieu, leur pressing. Pour les défenseurs c’est plus facile quelque soit le joueur, parce qu’on ne défend pas individuellement. Quand le bloc est bien compact, c’est plus facile. C’est beaucoup de communication et d’encouragements. Je me rappelle de cette phrase du coach quand on prenait beaucoup de cartons. Il disait d’arrêter de faire des fautes inutiles parce que si on n’arrive pas à prendre le ballon, un coéquipier sera derrière pour couvrir. On s’épuise moins à faire des courses sur des courtes distances que de le faire sur des longues distances.

“On ne veut juste pas perdre. Le coach a instauré ça dans notre identité. Si on doit perdre, on doit le faire avec la manière, comme des soldats qui sont allés à la guerre.”

Vous êtes désormais 7e à six points d’une place européenne, comment tu envisages la fin de saison ?

Sincèrement, avec notre début de saison, c’est un peu compliqué. Certes nous sommes à six points, mais ce n’est pas notre objectif. Evidemment, le but, c’est de finir le plus haut. On ne se prend pas la tête quand on sait d’où on vient. On va essayer de prendre le maximum de points et bien finir la saison. Et si ça vient, pourquoi pas, mais ce n’est pas une priorité.

Ca va se jouer sur les matchs avec les adversaires directs tu penses ?

On veut juste de la régularité. On n’a pas de finale à jouer contre qui que ce soit. On ne veut juste pas perdre. Le coach a instauré ça dans notre identité. Et si on doit perdre, on doit le faire avec la manière, comme des soldats qui sont allés à la guerre. Donc on ne parle pas de finale ou d’adversaires directs, on va essayer de prendre le plus de points possibles.

A commencer par Brest. A quel match tu t’attends ?

C’est une équipe qui a besoin de points pour essayer d’assurer son maintien, donc ce sera compliqué. A nous de ne pas s’endormir et continuer sur notre lancée. On doit être efficace devant les buts et ne pas prendre de buts. Mais ça ne sera pas une partie de plaisir