Giorgia Spinelli : « Maintenant on peut vivre que du foot »

Football — par Julien Lampin, le 7 août 2019 (15:31)

Elle est la capitaine d’une équipe en pleine réussite depuis sa recréation en 2014. Arrivée à Reims il y a deux ans, l’Italienne Giorgia Spinelli n’a pas tardé à s’imposer au beau milieu de la défense rémoise. Désormais internationale, elle fait partie de cette génération d’Italiennes prometteuses, dans le sillon d’une Coupe du Monde réussie. L’occasion de s’intéresser à la Squadra Azzura, version féminine…

Tandis que la Coupe du Monde passait à Reims, sa ville d’adoption depuis deux ans maintenant, Giorgia Spinelli a suivi les performances de ses compatriotes d’un peu plus loin, dans son pays, à Naples. Pas pour des vacances, mais pour y disputer les Universiades avec la sélection U23 avec laquelle elle a terminé 7e et a marqué son premier but en sélection. Dans un pays où le foot est plus que jamais une religion, le foot féminin a mis du temps pour se développer. Nul doute qu’il est désormais sur le bon chemin. L’occasion de le vérifier à travers le témoignage de la capitaine italienne du Stade de Reims.

Giorgia, d’être la capitaine d’une équipe promue en D1, qu’est-ce que ça représente ?

Ca représente beaucoup, c’est une fierté. J’ai été très contente d’être la capitaine de cette équipe. La D1, c’était mon objectif quand je suis partie de l’Italie il y a deux ans. Maintenant on y est après une saison magnifique. Et la cerise sur le gâteau, ça a été ma sélection. Représenter son pays, c’est un rêve. C’est quelque chose de spécial.

L’Italie, parlons-en… Est-ce que tu échange sur ton expérience ici en France avec des camarades en sélection ? 

Oui, surtout cette année parce qu’on a fait une saison quasiment parfaite. On me demande la différence entre l’Italie et la France, au niveau de l’entraînement, etc. D’autant qu’on n’est pas nombreuses à s’exporter.

Justement, les différences, quelles sont-elles ?

Je pense qu’en Italie, ça reste encore un peu plus technique par rapport à la France où c’est quand même plus physique. C’est aussi dû au fait qu’on s’entraîne beaucoup. Quand je jouait en Italie, on s’entraînait quasiment 3 fois par semaine, alors qu’ici, on s’entraîne tous les jours, voire parfois deux fois par jour.


Et au niveau des structures, comment ça se passe ?

Maintenant il y a des clubs qui partagent les structures entre garçons et filles, comme à Turin, à Milan, à Florence. Après il y a des clubs où les zones d’entraînement sont plus éloignées et séparées. Plusieurs gros clubs jouent le jeu. Je pense que c’est la base pour augmenter l’intérêt du foot féminin partout.

Quand on parle de développement, on parle de professionnalisation, là, il y a encore du travail…

Maintenant, c’est plus possible qu’avant. Avant on n’avait pas la possibilité de ne faire que du foot. Moi je travaillais dans une usine d’emballage à côté à Milan. Si je prends mes amies qui sont dans l’équipe d’Italie, elles jouent dans des grands clubs, donc c’est possible pour elles d’en vivre, même si ce ne sont pas des hauts salaires.

Ton rêve à toi, ce serait quoi ?

Le rêve, ce serait de jouer un jour la Coupe du Monde, après je suis encore jeune, j’ai encore pas mal de compétitions à jouer. Cette année, on est montées en D1, c’est la meilleure saison de ma carrière. Jouer en D1, ca va m’offrir une plus grande visibilité, forcément. C’est le très haut-niveau.