Crédit photo : Julien LAMPIN

Sur fond de désaccord avec la Mairie, le Cormontreuil TC se bat pour éviter sa disparition

Dans la tourmente depuis plusieurs semaines après un désaccord qui semble inéluctable avec la municipalité de Cormontreuil, le Cormontreuil TC du président David Collot s’active pour sauvegarder ce qu’il peut. Invité à quitter les installations de la ville d’ici la fin de l’été, le club imagine le transfert d’une partie de ses activités avant de fusionner avec un club rémois.

C’est l’histoire d’un énorme gâchis.. C’est en tout cas le sentiment de nombreuses personnes qui ont témoigné de leur soutien au Cormontreuil TC depuis qu’il est menacé de disparition. Une menace qui existe depuis un courrier de la ville de Cormontreuil qui invite le club à libérer les courts qu’il utilise depuis sa création, à partir du 1er septembre. Une décision qui fait suite à la rupture de la convention d’occupation des lieux, notamment les 9 courts de tennis, entre les deux structures. Depuis, les tentatives de dialogue et les pétitions n’y ont rien changé. Un conflit qui met en lumière la rupture de confiance entre plusieurs acteurs. On vous résume.

Nouveau projet d’un côté, manipulation de l’autre

En réalité, deux noms cristallisent l’attention le directeur sportif du CTC, Freddy Leban d’un côté, et Anthony Petit de l’autre, autour du développement de la pratique du padel. Une discipline en vogue, que la municipalité de Cormontreuil compte exploiter via son nouveau complexe VO2. L’outil flambant neuf qui a été inauguré en début d’année après plusieurs années de travaux et près de 18 millions d’euros, propose notamment des spectacles culturels mais aussi la pratique du foot en salle et du padel. Sur un territoire déjà congestionné par les nombreuses structures privées déjà installées, notamment sur Reims, l’activité peine à démarrer.

C’est en ce sens que les discussions entre la ville et le club ont fini par capoter. D’un côté, Jean Marx, le Maire, explique que le CTC n’a jamais voulu collaborer. Faux, répond David Collot ce vendredi lors d’une conférence de presse. Le président du CTC avance des échanges SMS dès 2022 sur le sujet. “Le Maire a aussi été invité à une AG en 2023 mais il n’est pas venu“, regrette le club. Pourtant très vite, le club s’est engagé à gérer la partie sportive du padel. “On avait convenu de toutes les modalités sur l’école, les tournois. Le club a aussi financé la formation d’entraîneurs et de deux juges arbitres désormais agréés“, précise David Collot. Sauf que le CTC devait pour cela se séparer de son directeur sportif, Freddy Leban (qui avait critiqué la gestion de l’éclairage sur les installations tennistiques durant l’année, ndlr).

de l’incompréhension au divorce consommé

Inenvisageable, dit le président du club cormontreuillois. J’ai senti à ce moment-là qu’une stratégie était en place pour qu’Anthony Petit et Carine Bornu aient la main sur l’activité padel en profitant de notre numéro d’homologation de la FFT et de bénéficier de cette fameuse subvention de 60.000€ dont la mairie aurait profité“. Le désaccord devient alors un conflit d’hommes. Anthony Petit, le Cormontreuil TC le connaît bien. Il avait rejoint le club après son départ du Creps de Reims il y a quelques années. “On avait réussi à greffer sa structure et ça a été pertinent pour le club. Ca a aussi permis de faire évoluer nos équipes féminines, notamment l’équipe réserve (montée en N1)”, reconnaît le président du CTC David Collot. Une idylle qui a bien évolué depuis.

Le divorce a commencé lorsqu’Anthony Petit a été missionné par Jean Marx pour servir de médiateur. En vain. Dès lors “il a été nommé responsable du développement des activités sportives du VO2“, avance David Collot. Un moment qui correspond à une première décision de la Ville de Cormontreuil : le CTC ne pourra plus exploiter que deux des neuf terrains de tennis. Les négociations qui ont suivi n’ont pas abouti. Début juillet, la municipalité somme le club de quitter les lieux purement et simplement, au 1er septembre. Il sera remplacé par un nouveau club, le VO2 multiraquettes Cormontreuil, créée officiellement le 23 mars 2026. “Il est naïf de penser qu’on peut remplacer une structure par une autre comme ça“, avance un membre du club.

Et maintenant ?

L’onde de choc passée, le Cormontreuil TC a d’abord tenté la conciliation, renforcé par une pétition signée par plus de 1650 personnes et des centaines de témoignages de sympathie, notamment Elsa Jacquemot ou Denisa Satralova, deux joueuses passées ou actuelles de l’équipe de Pro A, qui fait la notoriété du club et de la ville. Mais le divorce est consommé. La fin d’une ère pour un club qui trouvait son apogée (plus de 900 adhérents – le plus gros club du Grand Est -, des équipes en Pro A, en N1 et en N4). De quoi faire dire à David Collot qu’il s’agit là d’un “massacre“.

Soutenus par de nombreux acteurs politiques et tennistiques, les dirigeants du CTC veulent croire pour autant que le club n’est pas encore mort. A l’occasion de la conférence de presse de ce vendredi, le club a annoncé un rapprochement via le conseil régional, avec le Creps de Reims. Doté de 4 terrains couverts et trois courts extérieurs, le Creps, s’il offre des tarifs de location avantageux, pourrait permettre de sauvegarder près de 40% des activités du club pour 2026-27. “On attend un devis parce ce sont des coûts que nous n’avons pas ici, à Cormontreuil“, explique David Collot.

De Cormontreuil à Reims

Il s’agit là d’une alternative qui ne peut être que provisoire, intenable sur la durée. Elle aurait aussi l’avantage de maintenir l’équipe de Pro A féminine qui devrait selon nos informations se réengager pour le championnat de France de fin 2026 (les inscriptions doivent officiellement être validée d’ici le 22 juillet). En ce sens, des discussions sont aussi en cours avec la Ville de Reims pour trouver un accord de financement. Sensible à la situation, la municipalité rémoise réfléchit à la possibilité d’accompagner le maintien du tennis de haut-niveau sur le territoire. Si tel est le cas, les championnats de France pourraient se dérouler sur les terrains d’un autre club rémois.

Car parmi les solutions envisagées ensuite, un projet de fusion-absorption par un club rémois est imaginé dans un an, en 2027. Déjà des discussions se sont tenues entre les dirigeants du CTC et plusieurs clubs rémois (TC Reims, URT et Reims Europe Club) qui se sont montrés attentifs au projet. Objectif, “transmettre notre patrimoine à un club rémois. Dès lors, le bureau du CTC disparaîtrait“, explique David Collot non sans quelques trémolos dans la voix et les yeux rougis. Le symbole de sentiments mélangés de colère, d’incompréhension, et de gâchis. Les usagers, eux, sont à la fois tristes, en colère et désabusés. Des avancées sont attendues pour la sauvegarde de l’activité du CTC dans les prochains jours.