Un an après avoir été relégué en Nationale 1, le Champagne Basket Féminin retrouve la LF2 pour la saison 2025-26, comme s’il réglait une forme d’anomalie. Pour autant, l’antichambre de l’élite du basket féminin a bien changé en deux ans. Dans cet environnement, le club rémois compte bien se structurer pour exister à nouveau. Sur le terrain le CBF s’est renforcé du retour d’Eva Faillot (photo) et de l’engagement de Kerryne Aman.
La fête, un titre, un palmarès étoffé.. Un an après des visages défaits et après être reparti de zéro, avec un nouveau staff et une toute nouvelle équipe, le Champagne Basket Féminin a retrouvé le sourire. Relégué en NF1, les Pétillantes ont réalisé une saison aboutie, consistante, qui les a d’abord mené à une remontée rapide, avant d’aller chercher le titre de la division à Cognac, contre Monaco. L’aboutissement d’un travail d’une saison mené par Matthieu Trouvay et son staff. “Ca a été beaucoup d’efforts et de sacrifices. Maiss ce sont des souvenirs qu’on va garder”. Une satisfaction évidemment soutenue par son président, Philippe Sauret. “Ce titre, en N1, c’est un peu la cerise sur le gâteau, mais ça marque surtout une partie de l’histoire du club”.
De quoi surtout marquer le début d’une nouvelle ère. Ambitieux pour un club qui comptait s’appuyer sur un rapprochement avec la section masculine du Champagne Basket, pour envisager pourquoi pas une montée dans l’Elite, le président rémois a tiré des enseignements de la relégation il y a un an. Un nouveau cycle qui renforce le club sur le territoire rémois et plus à distance de la section masculine. Surtout, Philippe Sauret fait un constat lucide : “On doit se développer sur le plan financier, pour ne pas qu’il arrive la même chose dans 2-3 ans. Il faut développer le partenariat privé”. Et sans dire que la relégation a été un mal pour un bien, la nouvelle dynamique sportive a ramené un public fidèle et des partenaires enthousiastes. “A nous de concrétiser cela et de donner envie à nos partenaires de devenir nos premiers ambassadeurs”.
Exister sur le terrain et en dehors
Et l’enjeu est de taille. Selon nos informations, le budget du CBF tournera autour de 800.000€ pour la prochaine saison. Un bon budget si on considère que le budget moyen des clubs de Ligue 2 était de 750.000€ il y a trois ans. Sauf que pendant que le Champagne Basket Féminin se relançait en Nationale, les clubs de LF2 progressait à ce niveau. Et le budget moyen était de 970.000€ pour la saison 2024/25. La preuve que le basket féminin progresse, avec plusieurs accords sectoriels qui se développent dans une ligue qui passe désormais à 14 clubs. “Cette année, on sera dans la 2e moitié de tableau au niveau économique, reconnaît Philippe Sauret. Ca n’empêche pas d’exister sportivement, comme Montbrison a pu le faire. Mais dans le temps, ce sera difficile”.
Pour autant, Reims retrouve en Ligue 2 une place qui lui sied mieux. Et le club devrait tout sauf avoir l’étiquette du promu. Même si le recrutement n’est pas simple dans une conjoncture globale qui pousse à la fuite des talents. Mais la proximité avec Paris, l’offre étudiante pour les joueuses avec un double projet et surtout les infrastructures à Reims ont autant d’atouts convaincants. “Quand j’évoque la ville, la salle et ses infrastructures, beaucoup nous disent qu’on évolue dans un contexte parfois meilleur que certains clubs de LFB”, se félicite Matthieu Trouvay.
Faut-il encore confectionner une équipe en adéquation avec les exigences de la division. Dans un championnat plus complet, “le niveau fait que des joueuses sont plus complémentaires et plus intelligentes, constate l’entraîneur rémois désormais accompagné de Vincent Dupuis sur le banc. Il faudra réhausser le niveau de jeu. Chaque joueuse qui nous rejoindra cette année devront offrir une plus-value”, le tout dans un contexte économique, donc, contraint. Pour se faire, le coach rémois a conservé 50% de son effectif (Lauryn Vieira, Stella Kessler, Margot Ounounou, Sarah Saint-Martin et Khadidiatou Diouf). Très vite, l’équipe a été complétée par le renfort de Manon Simplot, jeune meneuse tout juste sortie de l’Insep avec qui elle réalisé une saison solide. Avant de rejoindre la Champagne, elle disputera l’Euro U18 avec les Bleues du 5 au 13 juillet prochain.
Faillot et Aman, premières recrues
Autres recrues, d’abord le retour à Reims d’Eva Faillot. Passée par la Marne lors de la saison 2021-22, la joueuse de 21 ans a gagné en expérience à Feytiat pour Strasbourg. Installée en poste 2, elle a pris du volume en Ligue 2 avec Feytiat en Ligue 2 (13 puis 18mn de moyenne pour 2,8 puis 4,3pts de moyenne). Engagée avec Strasbourg en NF1, elle est encore montée en régime avec plus de consistance et de responsabilités. Joueuse désormais plus complète, parmi les leaders de l’équipe (13,5pts par match), elle a manqué de peu la montée avec la SIG dans son opposition avec Le Havre (12,7pts de moyenne en barrages). “Elle correspond parfaitement à l’ADN des Pétillantes, commente le coach rémois, avec un engagement total, tant en attaque qu’en défense”. La voilà en Champagne avec un nouveau rôle à confirmer.
Annoncée ce dimanche, l’arrivée de la jeune arrière Kerryne Aman devrait apporter un plus athlétique à l’équipe. Auteure d’une grosse saison en NF1 (15,5pts de moyenne) à Dieppe à seulement 21 ans, elle débute le basket en région parisienne avant d’intégrer le centre de formation de Bourges. Partie ensuite à Rezé, ce profil polyvalent (1m79) capable d’évoluer à l’aile, connue d’abord pour ses capacités défensives, s’est aussi révélée au scoring, elle qui est capable de faire de belles différences en un contre un et qui a progressé sur son shoot extérieur. “Elle sera un atout majeur, tant en attaque qu’en défense, se félicite Matthieu Trouvay. J’ai suivi sa progression pendant plusieurs saisons, Kérryne est une joueuse qui donne tout sur le terrain. Nous sommes très heureux de l’accueillir”. De belles promesses dans un championnat qui s’annonce rude.