Dix mois après avoir foulé le parquet de la Reims Arena en guise de préparation des Jeux de Paris, les Bleues de l’Equipe de France, désormais vice-championnes olympiques, ont retrouvé la Cité des Sacres et son public ce dimanche, cette fois à René Tys, devant un peu plus de 2000 personnes. Pour sa première en prépa avant l’EuroBasket, les protégées de Jean-Aimé Toupane ont logiquement dominé la Turquie.
LA FEUILLE DE MATCH
FRANCE 🇫🇷 81-61 🇹🇷 TURQUIE
(25-14, 15-11, 29-22, 12-14)
ARBITRES : V. Oliot, A. Deman, J. Gaduel
🇫🇷 FRANCE (32/68 soit 47% de réussite, dont 4/20 à 3pts, 39 rebonds, 24 passes, 12 balles perdues, 20 fautes) : Rupert 26, Touré 13, Pouye 8, Bernies 6, Foppossi 6, Ayayi 5, Brochant 5, Fauthoux 4, C. Djalbi-Tabdi 4, M. Djalbi-Tabdi 2, Droguet 2, Astier. Entr. : Jean-Aimé Toupane
🇹🇷 TURQUIE (24/56 aux shoots, soit 42% dont 8/24 à 3pts, 31 rebonds, 16 passes, 20 balles perdues, 18 fautes) : Atas 16, Sertoglu 9, Onar 9, Bayram 8, Guner 6, Yildhizan 5, Senyurek 4, Bilgic 4, Kurtulmus, Cidal, Fitik, Sevval Gul . Entr. : E. Memnun
LE MATCH
Dix mois, c’est à la fois peu et beaucoup à la fois. Pour l’Equipe de France féminine de basket, en tout cas, le statut a changé. Arrivées à Reims en juillet dernier dans l’idée de préparer au mieux les Jeux Olympiques de Paris 2024, les Bleues portent désormais l’étiquette de vice-championnes olympiques. Un statut qui n’a pas échappé au public rémois, qui a définitivement adopté cette Equipe de France, ce dimanche soir, dans un René Tys bien rempli et à l’ambiance chaleureuse. Sur le terrain, les actrices ont changé. Pas de Gabby Williams, ni de Leila Lacan, Sarah Michel, pas plus que les ex-Rémoises Marième Badiane et Janelle Salaun. Pour sa première sélection, Coline Franchelin, de retour à Reims pour l’occasion, restait elle sur le banc.
Sur le parquet, Iliana Rupert et Camille Droguet, première marqueuse de la partie, prenaient parfaitement la relève. Tandis que Valériane Ayayi assurait le spectacle de loin (9-4). Les Turques, mobiles et volontaires, devaient vite se heurter au pressing français même si quelques oublis permettaient de rester dans le coup (11-8). Mais à force de subir ce pressing, les contres bleus, concrétisés par Romaine Berniès et Valériane Ayayi étaient fatals à tout suspens. De quoi provoquer un premier temps-mort (15-8). Malgré le turn-over important et quelques réglages évidemment nécessaires en début de préparation, les Bleues maintenaient le rythme, largement dominatrices sous le cercle, des deux côtés, d’autant que les Turques étaient plusieurs fois maladroites. Et comme Marine Fauthoux et Marie-Paule Foppossi étaient, elles, adroites, le score était déjà largement favorable après un quart-temps (25-14).
La Turquie, parfait partenaire d’entraînement pour démarrer
Le deuxième quart offrait légitimement plus de déchet. Contraintes à quelques exploits extérieurs tant elles étaient bloquées dans la peinture, les Turques multipliaient les pertes de balle et subissaient toujours sous le cercle où Djalbi-Tabdi faisait autorité. Dans ces conditions l’écart gonflait encore (33-19). Mais quelques passages plus brouillons et plusieurs maladresses stabilisaient la situation. Les premiers points en bleu de la Carolo Noémie Brochant et la réussite extérieure de Rupert laissaient tout de même l’Equipe de France largement en tête. A la pause la France menait sereinement (40-25).
Le retour des vestiaires était difficile pour les visiteuses. Sous l’impulsion d’une Iliana Ripert toujours aussi dominatrice, l’écart passait rapidement la barre des 20pts. Il fallait quelques oublis défensifs pour permettre aux Turques de limiter la casse à trois points. Mais le gros travail défensif, l’impact physique et l’adresse extérieure offrait une trop grande classe d’écart pour offrir un quelconque suspens (69-47). La fin de match était maîtrisée par les Bleues, tandis que Jean-Aimé Toupane faisait tourner les temps de jeu. Le déficit physique des Turques profitait à Rupert, qui faisait des ravages dans la raquette. Le public, comme il y a dix mois, pouvait être conquis. Le Bleues ont parfaitement entamé leur préparation, malgré plusieurs cadres absentes. De quoi confirmer le statut de favori d’une Equipe de France ambitieuse…
L’ex-Rémoise Coline Franchelin en apprentissage
C’était la bonne surprise de ces dernières semaines pour elle. Auteure d’une saison remarquée après une année quasi blanche pour blessure, Coline Franchelin, vainqueure de la Coupe de France avec Charleville a connu sa première sélection en Equipe de France senior de 5×5. “L’année que j’ai passé avec Charleville individuellement et collectivement a été très bonne et cette sélection c’est la cerise sur le gâteau”, souriait-elle dimanche à Reims.
Tout un symbole pour celle qui a démarré sa carrière dans la Cité des Sacres, avec le Champagne Basket Féminin. “C’est vrai que c’est un avantage de connaître les lieux. J’aidais les filles quand elles me demandaient.” Et si elle pouvait être déçue de n’avoir connu aucune seconde de jeu, ni lors du scrimmage de samedi ni lors de la rencontre de dimanche, Coline Franchelin a pris plaisir à revenir dans une ville où elle avait vite été adoptée. “C’est vrai que j’aurais aimé joué devant les Rémois que j’ai vu dans la semaine, des gens du club (Champagne Basket Féminin, ndlr). J’espère que ce n’est que partie remise”.
Si elle ne devrait pas, selon nos informations, poursuivre l’aventure avec les Bleues pour la suite de la préparation, la meneuse des Flammes Carolo a vécu intensément cette première sélection. “C’était beaucoup de premières dans cette semaine. Beaucoup d’intensité dès les premiers entraînements. Une semaine riche d’apprentissage tant sur le plan humain que sportif, donc c’est que du bonus. J’ai essayé d’imposer la personne et la joueuse que je suis avec mes qualités, et ce que je peux apporter à ce groupe qui prépare l’Euro. Finalement, j’ai essayé d’être moi-même”.