Ce n’est pas forcĂ©ment dans les habitudes du Stade de Reims de venir gagner Ă Bollaert, et pourtant (voir rĂ©sumĂ© ICI). Un match comme on en voit rarement, une Ă©quipe rĂ©moise qui joue sur les contres et qui trompe par deux fois la vigilance d’une dĂ©fense lensoise trop tendre. De l’autre cĂŽtĂ©, Yehvann Diouf aura assurer sa part du travail avec 14 arrĂȘts, un record dans l’histoire moderne du championnat. GrĂące Ă cette victoire, Reims gagne une place et sort de la position de barragiste. Voici ce qu’on a aimĂ© et moins aimĂ©.
ON A AIMĂ
- Les contre-attaques rĂ©moises. Alors oui, c’est vrai certaines auraient pu ĂȘtre mieux nĂ©gociĂ©es mais que les contre-attaques rĂ©moises ont mis toute le bloc adverse en difficultĂ©. Le Stade de Reims Ă©tait venu Ă Bollaert d’abord pour bien dĂ©fendre et ainsi espĂ©rer quelques contres Ă nĂ©gocier. C’est ce que la formation marnaise a fait. Avec des joueurs aussi dangereux que Junya Ito et Keito Nakamura, les RĂ©mois allaient pour sĂ»r avoir des coups Ă jouer. Les quelques imprĂ©cisions techniques lensoises ont parfois aidĂ© les joueurs de Samba Diawara qui n’en demandaient pas tant. Le deuxiĂšme but est d’ailleurs l’illustration parfaite de l’utilisation des contres par les RĂ©mois. Alors que Lens ne parvenait pas Ă marquer, Nhoa Sangui interceptait le ballon dans son camp et remontait tout le terrain pour fixer la dĂ©fense adverse et donner le ballon du 2-0 Ă Keito Nakamura. Un doublĂ© pour lui.
- Les arrĂȘts de Yehvann Diouf. C’est une habitude de voir le gardien rĂ©mois ĂȘtre dĂ©cisif, mais c’est toujours impressionnant de le voir en action. TrĂšs sollicitĂ© par les nombreux tirs lensois (37 au total), Yehvann Diouf n’a jamais rompu. Entre ballons aĂ©riens captĂ©s ”facilement”, et parades spectaculaires, le portier du Stade de Reims a Ă©tĂ© infranchissable vendredi. RĂ©alisant 14 arrĂȘts (un record depuis la saison 2006-2007), le nĂ©o international sĂ©nĂ©galais confirme encore une fois son statut, et semble dans le haut de la liste des meilleurs gardiens de Ligue 1. Si le Stade de Reims parvenait Ă se maintenir, ça serait en grande partie grĂące Ă ses performances exceptionnelles.
- La combativitĂ© et la solidaritĂ©. Si la victoire est satisfaisante, il ne faut pas oublier combien Reims a souffert. La possession de balle Ă©tait lensoise, la domination aussi. Mais mĂȘme si la qualitĂ© de jeu n’Ă©tait pas des plus agrĂ©able pour un fan de foot, il faut reconnaĂźtre que le Stade de Reims s’est trouvĂ© une façon de jouer. Sans ses deux titulaires au poste, en dĂ©fense centrale, Samba Diawara a du composer. Et si ce n’Ă©tait pas toujours acadĂ©mique, la dĂ©fense rĂ©moise est restĂ©e solide via sa combativitĂ© et sa solidaritĂ©. Face aux nombreuses situations, il y avait toujours une jambe ou une tĂȘte pour repousser les tentatives lensoises et ne pas augmenter encore les sollicitations de Yevhann Diouf.
ON A MOINS AIMĂ
- Les quelques erreurs techniques. Si au cours du match, le rĂ©alisme offensif rĂ©mois a Ă©tĂ© mis en avant (2 buts avec 2 tirs cadrĂ©s), il y a eu tout de mĂȘme pas mal d’erreurs techniques dans la construction rĂ©moise, ce qui a empĂȘchĂ© de faire le break plus tĂŽt. Sans pour autant se mettre en difficultĂ© ou en danger avec des pertes de balles Ă de mauvais endroits, les joueurs de Samba Diawara affichent encore une moyenne de passes rĂ©ussies extrĂȘmement faible pour une Ă©quipe de Ligue 1 (72%). Ces pertes de balles viennent sans doute du pressing exercĂ© par les Lensois qui voulaient imposĂ©s leur jeu Ă domicile, sans grande rĂ©ussite.
- Le style de jeu. Comme Ă©crit plus haut, ce n’est pas forcĂ©ment trĂšs beau, mais ça dĂ©barrasse et c’est efficace. Comme contre Marseille, le Stade de Reims n’a pas offert une production de jeu dĂ©veloppĂ©e. Mais il a trouvĂ© de quoi se rassurer en trouvant soliditĂ© dĂ©fensive et efficacitĂ© clinique en contre. Il sera temps d’ĂȘtre beau plus tard.
- La fĂ©brilitĂ© de Malcolm Jeng. DĂ©jĂ en grande difficultĂ© face Ă Monaco, le jeune dĂ©fenseur suĂ©dois n’a pas Ă©tĂ© vraiment Ă la fĂȘte ce vendredi Ă Bollaert. ArrivĂ© lors du mercato hivernal, Malcolm Jeng a dĂ©butĂ© son deuxiĂšme match en Ligue 1, et on ne peut pas dire que le SuĂ©dois se soit trouvĂ© Ă son aise. Dans un systĂšme Ă 5 dĂ©fenseurs dans lequel il Ă©tait le seul dĂ©fenseur central de formation, il n’a pas semblĂ© hĂ©sitant dans ses interventions. Gbane et Sekine, pourtant respectivement milieu dĂ©fensif et latĂ©ral droit Ă©taient mieux dans leur match, et Ă©taient plus rassurants. Des premiers pas difficiles pour le jeune dĂ©fenseur qui avec la blessure (moins grave que prĂ©vu de Joseph Okumu) aura peut-ĂȘtre encore un rĂŽle Ă jouer dans les prochaines semaines.
ON S’INTERROGE
- Le Stade de Reims sera-t-il autant rĂ©aliste lors des prochains matchs ? Comme dĂ©veloppĂ© prĂ©cĂ©demment, le Stade de Reims s’est montrĂ© extrĂȘmement rĂ©aliste devant le but Lensois avec 2 buts en autant de tirs cadrĂ©s. Souvent pointĂ© du doigt cette saison, le jeu offensif des RĂ©mois semble ĂȘtre plus fluide ces derniĂšres semaines. Dans ce sprint final pour maintenir le club, il faudra voir un Stade de Reims tout aussi efficace dans les deux surfaces. Les joueurs de Samba Diawara sont, on le sait plus Ă l’aise face Ă des Ă©quipes qui aiment avoir le ballon pour les contrer rapidement, comme Ă Lens ce week-end. Face Ă Toulouse, une Ă©quipe qui aime faire le jeu, le Stade de Reims pourra sans doute dĂ©ployer son jeu de la mĂȘme maniĂšre que ses derniĂšres sorties, en contrant l’adversaire. Mais mĂȘme si le bloc RĂ©mois arrive Ă contrer les Toulousains, est-ce que les joueurs de Samba Diawara auront la mĂȘme rĂ©ussite devant le but.