Cette fois, ça passe… Face à Clermont, une équipe qui lui a rarement réussi ces dernières années, le Stade de Reims a validé ce dimanche son premier succès de la nouvelle saison, dès la 2e journée. Une victoire bien construite à défaut d’être grandiose. Retour à froid sur ce qu’il faut retenir de cette première à domicile dans notre traditionnel J+1.
Le bulletin

- Yevhann Diouf ⭐⭐⭐⭐
- Josh Wilson-Esbrand ⭐⭐⭐
- Yunis Abdelhamid ⭐ ⭐⭐
- Emmanuel Agbadou ⭐⭐⭐
- Thomas Foket ⭐⭐⭐
- Azor Matusiwa ⭐⭐⭐⭐
- Marshall Munetsi ⭐⭐⭐
- Amir Richardson ⭐⭐⭐⭐
- Keito Nakamura ⭐⭐⭐
- Junya Ito ⭐⭐⭐⭐
- Oumar Diakité ⭐⭐⭐
L’analyse
Reims ne jouait que la 2e journée de championnat. Alors forcément, tout n’était pas parfait, loin de là. Mais à défaut de proposer un match référence, le Stade de Reims a construit son premier succès avec intelligence, montant en puissance physiquement et collectivement. S’il a fallu cinq minutes pour se mettre à niveau, les Rémois ont vite étouffé le milieu clermontois et les ailes se sont peu à peu déployées, à l’image d’un Junya Ito inspiré. Si les automatismes sont encore à travailler, Reims s’est facilité la tâche en ouvrant rapidement le score à la suite d’un corner (18e). Sans gérer, les Rémois ont ensuit maîtrisé, manquant plusieurs fois d’efficacité. Peu inquiétés, ils se sont finalement mis à l’abri en fin de match. Un match globalement solide et prometteur dans le jeu, malgré des automatismes encore en rodage.
Les clés du match
Marquer vite, après moins de 20 minutes de jeu. Sous la chaleur, les efforts sont plus durs, même si les deux équipes s’étaient préparées à l’exercice. En menant au score à la pause, les Rémois ont d’abord fait courir les Clermontois, puis leur ont laissé le ballon. Mais bien regroupés en jouant plus bas que d’habitude, les Rouge et Blanc limitaient les espaces et donc, les longues courses à très haute intensité.
Autre clé, le milieu de terrain. Le volume de jeu d’Azor Matusiwa, notamment défensivement, la technique et la vista d’Amir Richardson et les nombreuses courses de Marshall Munetsi ont vite éteint un milieu clermontois en difficulté quand il ne peut pas passer dans l’axe. Clermont a alors usé de la profondeur, en vain.
Les changements. Contrairement à Marseille où les changements ont profité à l’OM, ceux opérés par Will Still contre Clermont ce dimanche ont souri au Stade de Reims. La sérénité de Thibault De Smet à gauche, l’audace de Mamadou Diakhon devant lui et l’activité percutante de Mohamed Daramy ont laissé Clermont sans réponse. Mieux, Daramy a ouvert son compteur but dès sa première apparition sous ses nouvelles couleurs. De bon augure.
Nos impressions
ON A AIME
- La victoire. On peut parler longtemps du potentiel du groupe rémois, il ne pourra s’exprimer à plein qu’avec un maximum de confiance. Pour ça, gagner est primordial. Ce premier succès dès la 2e journée offre confiance et sérénité dans le travail à fournir dans les prochaines semaines. D’autant que le calendrier ne sera pas simple (deux déplacements à Montpellier et Metz). Une victoire, qui plus est construite intelligemment, comme écrit plus haut.
- L’ambiance retrouvée à Delaune. Il y a un pour la même affiche, l’affluence ne dépassait pas les 10.000 personnes. Ce dimanche, les Rémois étaient près de 13.000 pour encourager les Rouge et Blanc. Le tout dans une belle ambiance. Et même si le scénario et la météo ont plaidé en faveur d’une ambiance bon enfant, il faut saluer l’enthousiasme de spectateurs qui se muent peu à peu en supporters. Une communion retrouvée qui va dans le bon sens.
- Dans le même esprit, le Stade de Reims a changé de speaker. Et si la sono n’a pas aidé à faire porter sa voix, son enthousiasme en avant-match notamment a permis à tout le stade de se mettre debout et de façon enjouée, à l’entrée des joueurs. De quoi lancer un bel après-midi. On a tendance à l’oublier, mais l’animation est un élément important d’un match réussi dans la communion entre une équipe et son public. On salue les initiatives et l’énergie du nouveau speaker. Encore des réglages, mais à revoir.
- Le milieu rémois. On l’a dit plus haut, il a été l’une des clés de la rencontre. On connaissait la force du binôme Munetsi-Matusiwa. Avec l’apport d’un Amir Richardson impressionnant de facilité technique et pas avare en effort, Clermont a souvent été en difficulté dans la zone. Et si l’un des trois venait à se mettre en retrait, l’entrée de Teddy Teuma confirme, par son volume, son leadership et sa technique, qu’il sera difficile de bousculer le milieu rémois cette saison
- Le côté droit. Certainement une histoire d’automatismes. Thomas Foket et Junya Ito se connaissent. Et même une prise à deux sur le Japonais ne l’empêche pas d’être décisif. Capable de percuter, pressant quasi systématiquement la première relance adverse, adroit sur ses centres, percutant et altruiste sur son côté, Junya Ito est l’homme de ces deux premières journées à Reims.
- Reims a marqué sur coup de pied arrêté. Et ça, c’est un petit événement. Souvent en difficulté sur l’exercice, les Rémois ont montré plusieurs fois leur capacité, et surtout, enfin, leur efficacité. La combinaison sur le but est heureuse. Mais elle montre le travail fourni.
- Suspendu la semaine passée, Emmanuel Agbadou faisait son retour dans le onze de départ rémois ce dimanche, profitant aussi d’un Joseph Okumu touché aux ischios. Solide, autoritaire, globalement fiable dans ses interventions et sa lecture du jeu, il s’est encore fait peur sur une ou deux relances. Mais globalement le roc Agbadou était de retour à Delaune contre Clermont.
- Le banc. Ce devrait être l’une des forces du club pour aller plus loin cette année. Avec quasiment tous les postes doublés et avec des joueurs qui offrent une plus-value, le Stade de Reims reste dangereux même après les changements de l’heure de jeu. Un vrai avantage quand on sait combien le temps additionnel et les fins de match offrent des renversements parfois improbables. Désormais, le club ne donne plus l’impression de trembler à l’idée de changer un joueur. Les hommes changent mais la qualité demeure.
ON A MOINS AIME
- Le côté gauche se cherche encore. Si Josh Wilson-Esbrand a montré un meilleur visage contre Clermont, montant en régime au fil du match, il montre encore quelques fragilités, d’autant que les automatismes avec les joueurs devant lui méritent d’être travaillées. Très attendu Keito Nakamura cherche aussi encore ses marques, c’est normal pour une première titularisation.
- On le savait, remplacer Folarin Balogun n’est pas si simple. Et forcément, ceux qui lui succèdent sont soumis à la comparaison. Pourtant, les possibilités existent. Peu trouvé à Marseille, Oumar Diakité, encore titulaire contre Clermont, a offert une mobilité qui a permis à ses coéquipiers de le trouver plus souvent, surtout dans la profondeur. Le jeune attaquant rémois a d’ailleurs eu plusieurs opportunités. Points positifs, la qualité de ses appels et sa capacité à se démarquer et prendre les espaces au milieu de la défense adverse. Plus difficile, sa conduite de balle et ses choix de finition. L’entrée dynamisante de Mohamed Daramy et son efficacité lui a permis de marquer quelques points.
ON S’INTERROGE
- Qui au poste de latéral gauche ? Josh Wilson-Esbrand était mieux dimanche contre Clermont, mais semble encore manquer de certitudes. Inconvénient de la jeunesse. Thibault De Smet, lui, a réalisé une bonne entrée, mais manque parfois de régularité. Alors qui de la jeunesse et de la sérénité va choisir Will Still ?
- Les choix du milieu. Beaucoup imaginait que Teddy Teuma allait vite s’imposer au milieu de terrain. Mais il semble que Will Still ait en fait le choix du roi. En plus d’un Azor Matusiwa sur la lancée de sa saison précédente, Marshall Munetsi, bien que moins influent dans le jeu, reste décisif et efficace, à l’image de son ouverture du score. La révélation de ce début de saison, c’est Amir Richardson pour les raisons déjà évoquées précédemment. De quoi offrir bien des solutions au coach rémois.
- Reims sait-il voyager. Après avoir lancé sa saison à domicile, Reims devra désormais confirmer sans avoir un calendrier très favorable. Après le déplacement à Montpellier dimanche, les Rémois iront à Metz le week-end suivant. Deux déplacements qui doivent permettre au SDR de prendre ses premiers points loin de ses bases. Si gagner à domicile est primordial pour bien figurer au classement, prendre des points à l’extérieur sera nécessaire pour confirmer l’ambition annoncée.