Dimanche, le Stade de Reims est parvenu en fin de rencontre, à faire plier les Corses d’Ajaccio qui tenaient jusque-là, un point précieux dans la quête du maintien. Retour sur les éléments clés de ce match.
ON A AIMÉ
- L’hommage rendu à Just(o) Fontaine. Des commémorations qui avaient débutées sur le parvis d’Auguste-Delaune deux heures avant le coup d’envoi. Pour finalement s’achever en fin de rencontre, poussé en outre par les Ultrem 1995, auteurs d’un splendide tifo et d’une Jonquet vêtu de noir. Comme un dernier au revoir à celui qui restera probablement le meilleur buteur sur une édition de Coupe du Monde (13).
- Les quinze premières et les quinze dernières minutes. À croire que le Stade aime bien la première et quatrième de couverture. Pour le contenant, c’était davantage brouillon ce dimanche. Si les deux buts hors-jeu et le poteau trouvé par Marshall Munetsi ont bien failli sceller la direction funeste que prenait la rencontre, c’était sans compter sur l’énergie portée par les acteurs sur le terrain. Une énergie qui permettra à Jens Cajuste, de libérer les Rouge et Blanc au bout du temps additionnel.
- Le milieu de terrain. Le trio Munetsi-Matusiwa-Lopy marche sur l’eau. A la récupération Dion Lopy est devenu précieux sur les deux derniers matchs. A lui de confirmer avec de la régularité, tandis qu’Azor Matusiwa n’en finit plus d’abattre les kilomètres au milieu, avec justesse et autorité. Quant à Marshall Munetsi, c’est la pièce maîtresse du système de Will Still. Ses nombreuses courses, et son positionnement plus haut sur le terrain apportent un équilibre et une assurance rarement vue à Delaune. De quoi faire du milieu rémois un des plus solides de Ligue 1, à défaut d’être le plus talentueux.
- Yevhann Diouf. Porté par une défense intransigeante, le dernier rempart progresse semaine après semaine. Contre Ajaccio, il n’a pas été beaucoup sollicité. Mais son intervention face à Romain Hamouma en première mi-temps sur la seule véritable erreur défensive, fut précieuse. Encore en délicatesse (mais en progrès) dans le jeu au pied, Yevhann Diouf étonne par sa maturité, et n’hésite pas à communiquer avec sa défense. Une vraie clé qui lui permet d’être invaincu depuis plus de 500 minutes en Ligue 1. Du jamais vu à Reims en D1 depuis 1947.
- La jeunesse insufflée par Cheick Keita. Disputant la quasi totalité de la rencontre (remplacé à la 88e par Maolida), le jeune défenseur central a encore éclaboussé de son talent pour rendre une très belle copie. Agile, serein et complet, et de plus en plus entreprenant, celui qui n’était que numéro 4 au poste en début de saison, monte en galon match après match, aux cotés de Yunis Abdelhamid.
- Le nouveau souffle de Thibault De Smet. Longtemps en difficulté, plus souvent en loges que sur le terrain, et considéré par une partie des supporters comme étant le “talon d’Achille” de l’effectif marnais, le latéral gauche rémois est parvenu à élever son niveau de jeu pour se positionner au niveau de ses coéquipiers. Opposé aux remuants El Idrissy et Bayala, le Belge est parvenu à gagner la plupart des duels dans son couloir, pour ne laisser que des miettes à ses adversaires.
ON A MOINS AIMÉ
- La domination trop longtemps stérile. Mais peut-être sommes-nous devenus trop exigeants, habitués depuis plusieurs matchs à un festival offensif. Face au bloc ajaccien, les habituelles vagues rémoises ont laissé place à une marée basse en baie d’Ajaccio. Comme une gêne empêchant toute combinaison rapide jusque là appréciés lors des matchs précédents. A l’image de Folarin Balogun, les joueurs offensifs ne sont pas parvenus à se trouver et à créer la différence. Et lorsque des situations se présentaient, les tirs n’étaient pas cadrés.
- Le jeu corse. Mal classés, les joueurs d’Olivier Pantaloni étaient clairement venus à Reims dans l’optique de fermer le jeu et prendre un point. On comprend l’idée d’une équipe qui fait avec ses moyens. Mais ce n’est pas vraiment le foot que les spectateurs apprécient. Pour autant, la stratégie a failli fonctionner. A noter aussi la difficulté dans ces conditions de trouver des espaces pour les Rémois.
ON S’INTERROGE
- Le coaching de Will Still. Certains l’ont trouvé osé, en faisant des changements très offensifs et jouant le tout pour le tout pour arracher la victoire. Stratégie payante puisque Jens Cajuste a inscrit le but victorieux dans les dernières secondes. On s’interroge sur la non-entrée de Kamory Doumbia et l’entrée tardive de Myziane Maolida. D’autres ont retenu un Will Still plus nerveux, souvent à réaction, à l’image de quelques échanges soutenus avec l’arbitre, Mr. Gaillouste.
- Arbër Zeneli. Présent pour la quatrième fois consécutif sur le banc sans entrer en jeu, le Kosovar entre-t-il encore dans les plans de Will Still. Rémois depuis 2018, l’ancien ailier de Heerenveen (Pays-Bas), qui avait été un vrai impact player l’an dernier, ne semble pas dans les meilleures dispositions, et le manque de temps de jeu ne l’aide pas. Irrémédiable ?
- Quelles sont les limites de cette équipe ? A l’approche du match à Monaco et de la réception dans la foulée de l’OM, on se demande jusqu’où les hommes de Will Still peuvent aller ? Les Rémois n’ont connu l’échec qu’une fois en Coupe de France depuis la reprise post-Coupe du Monde. Rapprochés à six points d’une potentielle place européenne, on imagine l’ambition du groupe décuplée. Cela mérite d’être observé. Les deux matchs à venir pourraient dicter la fin de saison des Rémois.