Grégoire Lefebvre : « La Reims Arena est un enjeu pour la totalité de nos matchs »

Basket — par Clémence Kolb, le 28 avril 2022 (15:22)

Crédit photo : CCRB

A la veille du déplacement décisif qui s’annonce, vendredi soir, au Portel pour le Champagne Basket, Grégoire Lefebvre, le directeur général du club est revenu longuement sur les temps difficiles du club. Surtout, il essaye de se projeter sur l’avenir du club.

Grégoire, le dernier match contre Limoges est cruel…

Certes ce n’était pas un match qu’on avait coché vues les dynamiques opposées des deux équipes. Mais l’équipe a montré des choses très intéressantes. On s’est fait volé le match, dans les cinq derniers dixièmes. On est dans le désarroi car on se bat tous les jours pour performer et garder l’espoir de ce maintien, qui est toujours possible pour moi. Mais cette défaite, on ne la mérite pas du tout. Maintenant, il ne va pas falloir se tromper. Il reste 4 matchs, nous avons besoin de 4 victoires.

Est-ce que l’on peut parler de hold-up de Limoges ?

Ils ont profité d’une situation comme cela arrivera une autre fois. Je n’ai pas envie de parler de hold-up mais plutôt que nous nous sommes fait cambriolé. C’est plus une erreur d’arbitrage que la faute des Limougeauds, nous aurions fait la même chose si nous avions été dans leur cas.

L’équipe n’était pas au complet. Est-ce que cela a eu un impact selon toi ?

Oui, sûrement. Mais les joueurs sur le parquet ont tenus 4 quarts-temps, ce qui n’a pas été souvent le cas ces derniers temps. Et ce avec la même intensité tout au long du match. En plus, on a fait pas mal d’erreurs, on était loin d’être parfaits. Mais malgré tout cela, on a réussi à tenir le score.

« Peut-être que changer de coach plus tôt aurait changé quelque chose mais personne ne le saura jamais. Ce qui m’intéresse, ce sont les 4 prochains matchs et ce que l’on fera les 5 prochaines années »

Est-ce que cette défaite a généré un sentiment particulier, de la frustration ou de l’impuissance chez les joueurs ?

Difficile à dire parce que je n’étais pas avec eux dans le bus sur le trajet du retour. Mais c’était une tannée. Je ne pense pas qu’ils aient vécu le meilleur trajet. Mais on a beaucoup discuté, on leur a laissé leur journée off lundi. Peut être qu’il y aura des réactions dans le bons sens, une sorte de solution de révolte. Et si c’est le cas on fera tout pour les accompagner au mieux.

Le changement de coach. Beaucoup disent qu’il arrive trop tard ?

Oui, peut-être que changer de coach plus tôt aurait changé quelque chose mais personne ne le sait et ne le saura jamais. Je ne suis pas du genre à regarder en arrière. Là ce qui m’intéresse, ce sont les 4 prochains matchs et ce que l’on fera les 5 prochaines années.

Qu’est-ce qui a changé avec Thomas Andrieux ? 

C’est compliqué de tirer des grandes conclusions sur seulement deux matchs mais à l’entrainement on voit évidement que le style de coaching est différent. On aurait peut-être pu manager différemment le nouveau groupe que l’on a recruté cette année, comme ceux des saisons précédentes. On a deux types de management, qui ont chacun leur points positifs et négatifs. Un, plus sur la supervision et un qui se trouve plus sur le terrain au contact des joueurs.

« Arrêtons de nous mentir, on ne pourra faire exister un équipement flambant neuf, avec Coubertin, qui a une âme, qui est une belle salle de basket avec une histoire, mais il n’y a pas de modèle économique qui tienne dans ce cadre-là »

Comment faut-il percevoir l’avenir selon toi ? 

Il y a un plan A et un pan B. Là, le plan B, on l’a étoffé en off depuis un certain temps. On ne le dégainera que quand on sera au pied du mur, sauf que là, on l’étoffe un peu plus dans la perspective éventuelle de cette descente, dont la probabilité augmente mais l’espoir est là, on est des compétiteurs. Le plan A et le plan B doivent être configurés pour ne pas remettre en cause ce que sont les objectifs des nouveaux projets pour le club. Sur lesquels, on travaille depuis mon arrivée il y a 2 ans, d’arrache pied.

Tout cela, avec des équipements structurants pour le club à terme. Que ce soit l’Arena, mais aussi un centre de performances plutôt innovant qu’on cherche à développer pour 2025 où à l’échéance des Jeux 2024 avec une répartition différente des activités sur le territoire. Garder cette notion territoriale mais peut-être arrêter de penser en 50/50 et additionner des territoires pour avoir une vraie franchise de basket globale. A terme, c’est l’enjeu, mais Châlons et Reims restent les moteurs, mais on est ouverts à rajouter des cylindres. Ce sont des discussions que l’on mène régulièrement de manière intense depuis 1 an et demi avec les collectivités et les partenaires. Et je reste persuadé que quelque soit la configuration, Pro A ou Pro B, le projet Champagne Basket est l’avenir du club et qu’il doit exister.

Dans le cas où, malheureusement, il y aurait une descente en Pro B, quelles seront les conséquences directes pour le club ?

Les clubs de Pro B sont tous dotés d’un centre de formation et notre descente nous ferait tout de même rester dans la configuration actuelle. Il y a un championnat espoirs Pro B qui tourne, donc en cas de relégation, on y participerait. On pourrait, à la limite, se demander quelles catégories seraient présentes dans le centre de formation, notamment les U15, mais c’est un sujet qui est encore loin d’être tranché et nous nous poserons la question si il le faut dans quelques mois.

En ce qui concerne le budget, c’est le nerf de la guerre. C’est beaucoup trop tôt pour donner des perspectives budgétaires. Ce que je souhaite, comme cela se fait pour d’autres clubs en difficultés sportives, c’est que l’on ait un peu d’air, une petite soupape, au niveau des collectivités, sur du maintien des subventions et des financements publics, sur une période à déterminer pour viser rapidement la remontée, en plus de développer nos ressources propres et de trouver de nouveaux revenus. L’Arena est une possibilité.

Le problème, c’est que l’Arena arrive en sortie de covid, donc c’est compliqué car on a perdu en budget, environ 600.000€ sur la période covid. Qu’on ne retrouvera pas. Donc on va se retrouver à investir sur un nombre de matchs à déterminer avec une assise financière qu’on n’a pas. Or, on ne peut pas changer de calibres sur les équipements, sans avoir les reins solides. Il y a toujours des discussions avec GL Event, en relation tripartite avec la ville également, autour d’un contrat signé il y a quelques année, dans une configuration où le club évoluait comme c’est le cas aujourd’hui la moitié à Reims, la moitié à Châlons. Mais l’Arena, pour nous, c’est donc un enjeu sur la totalité des matchs à court ou moyen terme, parce que arrêtons de nous mentir, on ne pourra faire exister un équipement flambant neuf, avec Coubertin, qui a une âme, qui est une belle salle de basket avec une histoire, mais il n’y a pas de modèle économique qui tienne dans ce cadre-là. Sauf que dans le contrat qui lie la Ville de Reims et GL Event, n’ont été traité que les 8 premiers matchs. Or le vrai sujet, ce sont les matchs suivants. C’est en discussion, on cherche des solutions, c’est un long chemin.

Y a t-il déjà des réflexions de recrutement selon les plans A ou B ?

C’est difficile de répondre à ça, parce que c’est une réflexion qui est à peine engagée. On s’est réunis sur le sujet cette semaine. On essaye malgré tout d’être prévoyant. Il est probable qu’en cas de descente, l’équipe soit un mix entre jeunes joueurs du centre de formation et pros, plus que ca ne l’est là où ils sont surtout des sparrings partners. En cas de maintien, on a deux sujets, Enzo Goudou-Sinha et Neal Sako qui sont des joueurs qu’on a signé pour deux ans. Thomas doit aussi jauger la places des joueurs dans l’effectif. Enzo a progressé, mais il a encore besoin de se canaliser. Chacun devra se positionner en cas de maintien.

Qu’en est-il de la relation avec l’équipe féminine ? 

Très bien, l’avancement se fait main dans la main. Preuve en est, la complicité des joueurs et des joueuses. Les présidents travaillent également ensemble avec des objectifs commun en suivant notre plan de déploiement. Simplement, peut-être que la mise en place des projets à venir prendra un peu plus de temps que prévu.