Tanya Romanenko et Magou Doucouré avaient déjà marqué les esprits le 8 mars dernier au Cellier lors du concours régional d’éloquence. Dans la mythique salle de l’Olympia jeudi à Paris, les deux joueuses rémoises n’ont pas manqué là non plus de marquer l’auditoire. Elles ont ainsi remporté les premiers prix du concours national.
Qui a dit que les joueuses et joueurs de foot ne savaient pas parler et encore moins exprimer une idée ou une opinion ? C’est pourtant un cliché qui a la vie dure au sein du grand public. Celui qui ne prend que trop rarement la peine de s’intéresser aux personnalités qui se cachent derrière ces jeunes en short et balle au pied. Et pourtant, de nombreux footballeurs ont des choses à dire. Preuve en est à l’occasion du concours d’éloquence organisé en lien avec la Fédération Française de Football par l’association Prométhée et la Fondaction du football.
En D1 féminine, Lyon, Soyaux, Fleury, Issy et Reims se sont lancé dans l’aventure. D’abord à travers des concours régionaux où chaque club a sélectionné deux finalistes. A Reims, devant, entre autre, la ministre des sports, Roxana Maracineanu, Magou Doucouré et Tanya Romanenko avaient été préférée à leurs coéquipières Grace Rapp, Sonia Ouchène, Emily Alvarado et Kessya Bussy.
lutte contre le racisme et mental face aux défis à la une
Plus que de l’éloquence, les deux Rémoises avaient des messages à faire passer sur la prestigieuse scène de l’Olympia. Autour du mental ou du racisme, elles ont déclamé un texte dont l’engagement citoyen va bien au-delà du football et dépassent les enjeux du ballon rond. De quoi en faire des citoyennes engagées. Au pupitre, Magou Doucouré, encore touchée par de lâches insultes racistes en début d’année à Lens, a pointé du doigt un fléau encore bien trop banalisé. Tanya Romanenko, elle, a témoigné de l’importance du mental face aux défis. Des défis sportifs bien entendu, mais plus encore, des défis sociétaux, elle dont la famille subit la guerre en Ukraine.
Des messages touchants qui doivent éveiller les consciences et offrir une image moins décalée de la joueuse moderne. L’occasion aussi pour les joueuses de valider d’autres compétences, de renforcer la cohésion et de travailler la capacité à s’exprimer dans un monde où les médias sont omniprésents (presse et réseaux sociaux). Autant de plus-values qui pourraient aussi se répercuter sur le terrain. Des messages qui ont en tout cas marqué le jury composé de Brigitte Henriques (présidente du CNOSF), Laura Georges (ancienne joueuse et secrétaire général de la FFF), Jessica Houara (ancienne joueuse), Mohamed Slim (président de Prométhée Education), Hervé Mathoux (journaliste sur Canal +) et Thierry Cheleman (directeur des sports du groupe Canal +). Ils ont finalement décidé de couronner les deux lauréates rémoises, ex aequo.