Près de 10 ans après le dernier passage du Tour et de sa caravane dans la cité des Sacres, la Ville de Reims est officiellement candidate, avec le Grand Est, au Grand Départ de la célèbre course cycliste pour 2028. Le territoire est en concurrence avec le Luxembourg. Verdict avant l’été prochain.
Après Barcelone l’été prochain, et Edimbourg en 2027, Reims sera-t-elle la ville qui lancera l’édition 2028 du Tour de France ? La candidature, portée conjointement avec le Grand Est, est en tout cas publiquement officielle auprès d’ASO, organisateur d’un des plus grands événements sportifs au monde. Il s’agirait du 115e Tour de France. Symboliquement, Christian Prudhomme, directeur de l’épreuve, a reçu des mains de Franck Leroy, président du Grand Est et Arnaud Robinet, maire de Reims, le dossier de candidature, ce lundi sur le parvis de la cathédrale de Reims.
“C’était une volonté de longue date entre Franck Leroy (ex-maire d’Epernay, ndlr) et moi-même de mettre en lumière notre territoire champenois, notamment entre Reims et Epernay, s’est enthousiasmé Arnaud Robinet ce lundi midi. Nous avions déjà candidaté pour avoir un contre-la-montre. Au final, nous avons eu la chance de vivre le Tour 2019. Cette fois, on s’est dit qu’on pouvait voir plus grand. 2028 nous semblait l’année propice après deux grands départs à l’étranger. Cette candidature, c’est d’abord la volonté d’unir nos forces pour accueillir un événement mondial”, précise le Maire de Reims.
Entre terre cycliste et parcours mémoriel et patrimonial
Et si le Luxembourg est aussi candidat pour 2028 pour symboliser le centenaire de la victoire de Nicolas Frantz (1928) ou le soixantenaire du succès de Charly Gaul (1958), Reims a ses atouts. Ils sont évidemment historiques, avec en 2028, les 110 ans de la fin de la Première Guerre Mondiale. Aussi sportifs. Parce que Reims a déjà accueilli la Grande Boucle lors d’un Grand Départ le 5 juillet 1956. Parti de Reims, le peloton était alors parti pour Liège, en Belgique, où André Darrigade avait franchi la ligne en tête. A l’époque, le parcours n’avait pas réellement bénéficié au Grand Est. Deux ans plus tard, Reims accueillait aussi le premier championnat du monde cycliste féminin. Reims qui a aussi accueilli plusieurs fois la Grande Boucle récemment, comme ville arrivée, en 2014 puis comme ville départ en 2019, puis en 2022 pour le Tour féminin. L’occasion de rappeler l’histoire entre le Tour de France et la Cité des Sacres.


“C’est toujours le terrain qui a raison”, approuve d’ailleurs Christian Prudhomme. “Avec la Montagne de Reims, on l’a vu en 2019, on a tous les parcours dont on peut rêver. On sait aussi que dans les succès du Tour de France, avec les prises de vues aériennes, il y a ici des paysages magnifiques. Les caves et côteaux de Champagne, la cathédrale de Reims sont des atouts. Reims rayonne aussi à l’international, les touristes viennent de partout et on sait qu’on peut avoir de l’effervescence populaire”. De l’aveu même du directeur du Tour, c’est donc une “candidature de grande qualité”, portée par Reims et le Grand Est.
S’il n’est pas encore temps d’imaginer les parcours (même si le parvis de la cathédrale et la voie des Sacres sont souhaités), Christian Prudhomme a rappelé que s’offrir un Grand Départ, c’est au moins “trois étapes complètes sur le territoire. Et ce sont d’énormes retombées sur au moins une semaine, voire plus”. Si elle fâche parfois, la question du coût existe. ASO n’a pas coutume de communiquer sur le sujet, les élus, eux ont rappelé à la marge que les retombées étaient traditionnellement plus importantes que les investissements. Reste désormais à découvrir l’élu. Reims ou Luxembourg, le verdict tombera avant le 4 juillet prochain, date de lancement du Tour 2026.