Crédit photo : Elodie SAINTE

Matthieu Trouvay : “Je fais le choix de ne pas finir la saison”

Alors que l’esprit de fête devait s’imposer après la victoire des Pétillantes samedi soir à René Tys (voir ici), l’ambiance est vite retombée tandis que son entraîneur, Matthieu Trouvay, avait annoncé sa démission. En cause, d’importants désaccords avec sa direction. Vincent Dupuis, son adjoint jusqu’alors, devrait prendre la suite.

La tension, en interne, n’avait cessé de monter depuis plusieurs semaines. Elle a trouvé son paroxysme ce samedi soir, au moment d’entamer la trêve des confiseurs. Si le divorce entre Matthieu Trouvay et sa direction était déjà actée depuis le milieu de semaine, alors que les Pétillantes s’inclinaient à Feytiat, elle a été officialisée ce samedi soir à l’issue d’un succès pourtant solide contre Saint-Amand Hainaut (52-49), et qui promettait, devant près de 800 personnes, une belle fête avant Noël. “L’ambiance était très pesante, très particulière dans le vestiaire après le match, parce que j’avais annoncé mon départ aux joueuses la veille”. Un groupe attaché, selon nos informations, à un entraîneur qui a voulu apparaître entier, et qui devra encaisser ce départ.

Débarqué dans la cité des Sacres à l’été 2024, Matthieu Trouvay a pourtant un bilan positif. Arrivé dans un contexte où le club repartait d’une page blanche sportivement après la relégation du club en NF1, le jeune entraîneur, avait mené son groupe au titre et la remontée immédiate en Ligue 2. Une division dans laquelle le Champagne Basket Féminin pointe dans le top 7 avec un bilan positif (7 victoires et 6 défaites), malgré une équipe jeune et inexpérimentée. Des résultats qui offrent une bonne réputation au coach rémois. “Au-delà de ce qu’il s’est passé, je ne peux que remercier le club de Reims de cette opportunité, reconnaît Matthieu Trouvay. Reims a été un tremplin. C’est un club qui a une histoire, c’est une place forte sur la terre basket en France, avec de la visibilité. Donc ca a été une expérience ultra positive. J’ai appris beaucoup de choses et je suis reconnaissant. Je n’en veux pas au club en tant que tel ou à la ville. Le point noir, c’est simplement la direction qui me fait prendre cette décision”, sans demande d’indemnités.

De la mésentente à la séparation

Comment, alors, expliquer, ce départ précipité ? “Dès mon arrivée, j’ai compris le potentiel du club, de part ses bénévoles, ses partenaires, l’environnement. Je suis quelqu’un d’ambitieux, avec mes valeurs, et malheureusement, je ne me suis pas retrouvé dans le projet des dirigeants. Quand est coach principal, on s’attend à avoir un projet global. Quand je suis arrivé, c’était de monter. On l’a fait. Mais on n’a jamais eu de réunion qui disait sur le long terme où est-ce qu’on voulait se situer, et comment on voulait rayonner sur le territoire. C’est un club qui peut viser la Ligue féminine sur le long terme s’il est bien géré. Ce n’est pas le cas.”

Au-delà des désaccords sportifs, le désormais ex-coach sportif rémois pointe du doigt ses conditions de travail et le management au quotidien. “Il y a des choses qui sont faites dans le dos du coach et qui ne sont pas acceptables, et qui peuvent créer des tensions. J’ai subi pas mal de pression de ma direction. D’un côté, ça fait partie du métier. Mais intelligemment. Mais là, c’est malsain, je ne l’ai pas accepté et je ne l’accepterai jamais. Je ne veux plus rien à voir avec cette structure et ces dirigeants. Je veux juste partir et trouver une structure où j’ai de la confiance. C’était une décision difficile vis à vis des joueuses, parce que j’ai eu l’impression de les abandonner sauf que je ne suis pas Superman. S’il n’y avait pas ma famille derrière, j’aurais peut-être pris une autre décision”.

Directement visé, Philippe Sauret, n’a pas souhaité polémiquer, même s’il regrette la situation, lui qui n’avait pas souhaité communiquer si tôt après le match. “C’est son choix, commente le président du Champagne Basket Féminin. On l’a appris mercredi. Ce sont des conditions difficiles pour les joueuses. On s’était dit de ne pas le révéler tout de suite. C’est difficile à accepter parce qu’on a l’impression qu’on veut nuire au club. Matthieu a fait un choix qui lui appartient. Quand certaines joueuses ne sont pas reconduites dans une saison, elles font leur job jusqu’au bout. Lui a choisi de nous quitter. Je lui souhaite bon vent. Il y a plein de choses qui se sont passées, mais qui doivent rester dans le vestiaire, pas ailleurs.” Après quelques jours de repos, les joueuses sont attendues de retour à Tys le 30 janvier. Elles seront désormais dirigées par Vincent Dupuis, jusqu’ici adjoint et en fin de contrat à la fin de saison.