Le Champagne Basket Féminin a encore un équilibre à trouver

Fort de trois victoires consécutives et avec un bilan positif après onze journées, le Champagne Basket Féminin peut aborder la fin d’année 2025 avec une forme de sérénité sportive. Une tranquillité que les Pétillantes doivent en bonne partie à leur coach, Matthieu Trouvay. Une confiance que son entourage aurait aimé plus assurée.

Qu’on se le dise, une saison sportive est rarement un long fleuve tranquille. Encore moins lorsqu’on est promu dans un championnat dense et avec des moyens limités. Pourtant, à Reims, le Champagne Basket Féminin a réussi un début de saison probant. Malgré un passage douloureux en début d’exercice, les Pétillantes ont poursuivi leur apprentissage par des résultats prometteurs, à l’image des derniers succès à Nice puis contre La Tronche Meylan. Un mélange de caractère puis de maturité qui confirment des progrès évidents, dans la continuité d’un titre de champion de NF1 acquis au terme d’une saison déjà réussie l’an dernier. Et pourtant, le défi n’était pas si aisé. Jeune coach, Matthieu Trouvay a pris en main un effectif renouvelé à 100% à l’été 2024. Dans une division certes très abordable, il a su fédérer un groupe à potentiel mais qu’il a fallu souder pour un objectif commun. La mission fut pleinement réussie. A l’image de son entraîneur, l’équipe a montré la sérénité et la force nécessaire pour valider un titre loin d’être négligeable.

Si les Pétillantes ont retrouvé cette saison un niveau qui lui correspond mieux, les moyens financiers disponibles (9e budget de LF2 cette saison) n’ont pas offert de quoi constituer un effectif avec une grande expérience. Au-delà d’Eva Faillot qui continue de s’affirmer dans la division – et dans une moindre mesure Sarah Saint-Martin – le groupe rémois dispose d’une faible expérience à ce niveau. Pour autant, l’entraîneur rémois, fort de son approche, s’est d’abord attaché à solidifier sa défense, véritable ADN de l’équipe depuis deux saisons. Conséquence, Reims était la 4e meilleure défense de Ligue 2 après dix matchs, derrière les trois leaders du championnat. L’apport de l’Américaine Anya Poole n’est pas négligeable non plus. Sa performance et “le travail collectif proposé lors du succès à Nice, c’est fort”, s’enthousiasme par ailleurs Djassam Bouin (Areus Sports), l’agent de Matthieu Trouvay.

De quoi pousser le représentant du coach rémois à demander un peu plus de reconnaissance. “Avec les moyens à disposition, ce que fait Matthieu est remarquable. Or, rien à ce jour ne l’assure de poursuivre son travail avec le groupe dans la durée (son contrat expire à l’issue de cette saison, ndlr). Déjà, j’estime qu’il aurait dû recevoir une prolongation à l’issue de la dernière saison, après le titre. C’aurait été la moindre des choses et c’est souvent comme cela que ça se passe”, regrette Djassam Bouin. De quoi générer quelques crispations en coulisses qui ne doivent pas perturber l’ambition sportive. “Je comprends que l’incertitude du sport génère la prudence, admet-il. Mais tout le monde gagnerait à ce que les clubs soient parfois plus transparents”. Une parole importante à l’heure où les premières négociations débutent déjà pour la prochaine saison, et que le marché des joueuses doit ouvrir en janvier. Une inquiétude confortée lorsqu’on constate que les entraîneurs excédent rarement deux saisons à Reims. Alors est-ce que le CBF gagnerait à plus de stabilité avec un coach qui semble répondre aux ambitions sportives ? En tout cas, “si des contacts existent entre le Champagne Basket Féminin et d’autres entraîneurs, ce ne serait pas correct”, conclut Djassam Bouin.