Crédit photo : Elodie SAINTE

Les sourds du CSS Reims champions d’Europe au bout du suspens

A l’issue d’une rencontre engagée et tendue de bout en bout, les “Pandas” du Club Sportif des Sourds de Reims se sont offert le premier titre européen de leur histoire, ce samedi après-midi. Sur le terrain des Eglantines, à Reims, support de la Deaf Champion’s League, les Rémois ont dominé les Grecs du POK Athènes aux tirs au but (0-0, 4 tab 3). La récompense d’un parcours quasi parfait depuis le début de semaine. De quoi faire chavirer toute la communauté sourde de Reims et de France. 

Ils l’ont fait ! En organisant pour la première fois sur ses installations la Deaf Champion’s League, la Ligue des Champions des sourds, le CSSR avait à coeur d’écrire une histoire encore plus belle. La sienne. La mission a été accomplie ce samedi après-midi au bout du suspens, face à une équipe grecque rompue aux joutes européennes. Pour y parvenir, le club rémois avait mis toutes ses chances de son côté, s’appuyant sur un groupe solide, récemment sacré champion de France, et renforcé de trois joueurs japonais. Reconnus parmi les meilleurs joueurs du tournoi, les trois renforts asiatiques du CSSR n’ont pas manqué leur rendez-vous, portant les “Pandas” au sommet du football sourd européen.

D’un doublé en fin de rencontre, Kodaï Hayashi offrait les premiers sourires rémois en début de semaine, lors du premier succès rémois contre Essen (4-0), tandis que Sewati Guyon était le premier buteur rémois de la campagne rémoise 2025. C’est ce même Japonais qui le lendemain, avec un penalty et une égalisation dans les derniers instants face au tenant du titre, Tripoli, permettait au CSSR de rester en course pour une qualification en finale (2-2). Son compatriote, Yuya Hokada, n’était pas en reste, jeudi, face aux Anglais de St-John. D’un but sur penalty puis avec un corner direct, le Japonais permettait à Reims de faire un grand pas vers la finale à l’issue d’un match accroché où le gardien rémois sortait également un penalty. Les néo-Pandas laissaient le soin vendredi aux buteurs habituels du CSSR de s’exprimer contre Karlsruhe (3-0) et qualifier le club pour une finale historique, Reims n’ayant jamais fait mieux qu’une 5e place en coupe d’Europe.

Reims, avec les nerfs

Mais une finale, ça se gagne. Face à une équipe du POK Athènes, quintuple championne d’Europe et réputée pour son jeu rugueux et truqueur, les Rémois avaient pour mission de maîtriser leurs émotions. Très vite, les coups de sifflet hachaient une partie globalement dominée par les Français. Plusieurs fois à la limite au milieu d’un jeu musclé, les Rémois avaient les meilleures occasions, mais se heurtaient à un gardien décisif. A l’expérience, les Grecs n’étaient pas en reste. Et il fallait un excellent Matthias Leroy dans les buts pour sortir un retourné acrobatique qui aurait pu finir sous la barre. A se neutraliser, les deux équipes s’engageaient dans une prolongation stressante.

Moins précis offensivement, les Rémois faisaient face à des Grecs de plus en plus agressifs. Si bien que Bilal Ozturk puis Dimitrios Karampelas laissaient leurs camarades à 9 contre 11 Rémois. Et tandis que les Pandas ne parvenaient pas à faire la différence dans temps imparti, c’est à l’occasion d’une stressante séance de tirs au but que le titre devait se jouer. Une séance longue à se dessiner après plusieurs tensions et échauffourées. Mais Reims avait des nerfs. Teddy Weber, Yuya Hokada, Yuto Nakao et Kodaï Hayashi ne tremblaient pas tandis que Mathias Leroy repoussait une tentative avant que le dernier tireur grec envoyait le ballon sur la barre. La joie pouvait déborder. Reims tenait sa coupe et son premier titre européen. La fête ne faisait que commencer…