Si près, si loin… Pour leur deuxième finale européenne (Deaf Champion’s League), les Rémoises du Club Sportif des Sourds de Reims sont passées près de la victoire à Toulouse, théâtre de la phase finale de la compétition. Elles se sont battues jusqu’au bout mais se sont inclinées 3-2 face aux Italiennes de Real E Non Solo, malgré une avance de 2-1 en fin de match.
Par Romain SAFSAF
Le parcours était jusque là quasi parfait. A Toulouse, support d’organisation de la Ligue des Champions pour les sourds, les filles du CSSR pensaient toucher le graal en remportant leur premier titre européen. Il s’en est fallu de quelques minutes, en fin de finale. Avant ça, les Rémoises s’étaient brillamment qualifiées pour les demi-finales en dominant le groupe B, dans lequel elles ont triomphé 5-2 des Suédoises de Stockholm, et obtenu un match nul (2-2) contre les Italiennes de Sordapicena Sportiva. Les “Pandas” ont dû s’arracher pour décrocher leur place en finale. En demi, elles ont retrouvé les Italiennes de Sordapicena Sportiva. Une rencontre à nouveau serrée (2-1 à la mi-temps en faveur du CSSR). Si les Italiennes parvenaient à revenir au score (3-3, buts rémois inscrits par Mia White, Erin Cembrale et Bernice Leming), les Rémoises l’emportaient lors de la séance de tirs au but (6-5), pour se qualifier pour leur deuxième finale consécutive, face à Real E Non Solo.
Une finale frustrante
Battues 9-2 l’an passé en finale contre les Espagnoles de Guadalajara, le suspense était cette fois à son comble cette année. Les protégées de Teddy Weber ont même mené au score 2-1, mais ont encaissé deux buts coup sur coup à cinq minutes de la fin. Une double peine dont elles ne sont pas remises. En s’inclinant 3-2, elles décrochent un second titre consécutif de vice-championnes d’Europe. De quoi marquer de leur empreinte la compétition. L’entraîneur rémois a d’ailleurs été élu meilleur entraîneur du tournoi. Et Paris Eve Price a quant à elle été récompensée du titre de meilleure joueuse de la compétition. Une satisfaction pour le coach du CSSR : “Aller deux fois de suite en finale n’est pas un hasard. Cela prouve que nous sommes une des meilleures équipes européennes. Je suis d’autant plus fier que nous avons seulement 5 ans d’existence, et qu’il y a 5 ans, il n’y avait rien : le foot sourd féminin français était mort, pas d’équipe de France et à part quelques exceptions, le niveau était pauvre. Cinq ans plus tard, nous sommes double finalistes de la DCL, l’Equipe de France a redémarré, et le niveau des joueuses n’a jamais été aussi haut. Et le CSSR y est pour quelque chose. C’est la locomotive du foot sourd français”. Les filles auront l’occasion de gommer leur frustration en cas de victoire, dans deux semaines, en finale de la Coupe de France à Rennes, contre… Toulouse