Julien Offner : “On est une famille, on a une ambiance de travail qu’on ne retrouve pas ailleurs”

Après la qualification européenne historique du Stade de Reims Natation samedi dernier, la section water-polo du club tente de se sortir d’une situation financière peu encourageante pour exister encore l’an prochain. Le gardien Julien Offner s’est exprimé sur cette situation ambivalente en marge de la cagnotte en ligne (ICI

En gagnant à Taverny samedi, le Stade de Reims Natation termine 5e d’Elite, quel bilan tu tires de la saison régulière ?

On vient d’enchaîner trois victoires en quatre matchs donc au niveau du classement on est bien remontés. La victoire de samedi nous offre une place en Coupe d’Europe, et un match supplémentaire à domicile pour un match de classement. C’est un beau bilan.

C’était un championnat assez rétréci…

Les clubs d’en bas n’ont pas forcément les moyens de monter. Il y a eu une période avant les JO avec une augmentation des subventions, il y avait donc plus de moyens et la possibilité pour les clubs de recruter, et il y a deux clubs qui ont coulé à cause d’une mauvaise gestion. Aujourd’hui, nous sommes dans un championnat à 8 qui est très intéressant. Cette saison, toutes les équipes se sont battues, il y avait des matchs serrés qui se jouaient à un but.

”Il y a eu une période avant les JO avec une augmentation des subventions (…) et il y a deux clubs qui ont coulé à cause d’une mauvaise gestion.”

Pourquoi jouer un match de classement pour la 5e place ?

En début de saison il n’y avait que les 5 premières places qui étaient qualificatives pour une Coupe d’Europe, mais la Ligue Européenne de Natation a ajouté une compétition et donc ce sont les 6 premiers qui sont qualifiés. Le dernier match face à Sète sera donc plutôt pour déterminer quelle Coupe d’Europe le club va jouer. Quel que soit le résultat face à Sète, la qualification pour une compétition européenne est déjà acquise.

Comment expliquer la régularité dans les résultats malgré l’instabilité financière autour du club ?

On est une équipe, une famille, on s’entend tous super bien et nous avons une ambiance de travail qu’on ne retrouve pas ailleurs. Ce qui se passe autour ne nous impacte pas du tout, c’est même une source de motivation parce que chaque joueur veut montrer qu’il a sa place ici.

La section water-polo du Stade de Reims Natation est en difficulté financière aujourd’hui. Quel impact ca a pour un club pluridisciplinaire ?

Chaque partie du club a un budget. La natation et le water-polo n’ont pas le même budget. Chacun fait sa saison pour avoir un projet viable. Et il manque des financements pour le water-polo. Nous sommes des couteaux suisses dans l’équipe. Il faut prendre des initiatives. On ne veut pas s’arrêter là après le dernier match, donc on a créé l’association “Sauvons Reims Water-Polo” pour réussir à sauver le club et ouvert une cagnotte en ligne.

”Nous voulons des sources de financement différentes, mais nous devons favoriser le financement privé qui n’est pas assez exploité aujourd’hui (…) Je pense que les entreprises peuvent s’intéresser à ce genre de projets”

Vous avez donc besoin d’un montant de l’ordre de 150.000€, et vous avez mis en place une cagnotte en ligne.

Sur cette cagnotte, il y a différents paliers. Nous voulons des sources de financement différentes, mais nous devons favoriser le financement privé qui n’est pas assez exploité aujourd’hui. Nous sommes dans une ville assez attractive, et on peut avoir une belle visibilité aussi bien au niveau national qu’au niveau européen. Je pense que les entreprises peuvent s’intéresser à ce projet sous forme de mécénat et par le sponsoring sur notre équipe de Water-polo.

Dans le futur, l’objectif n’est-il pas de rendre la section Water-polo du Stade de Reims Natation indépendante ?

Pour le moment ce n’est pas le projet de l’association, c’est simplement un soutien financier. Et nous savons de quel budget nous avons besoin pour faire une saison en Elite la saison prochaine.

Avec un tel état d’esprit dans l’équipe, est-ce que les joueurs seraient prêts à s’engager dans future gouvernance du club ?

Personnellement je ne me suis pas laissé le choix. C’était soit je sauve l’équipe, soit j’arrête. Donc c’est clair, je suis obligé de réussir. Mais très sincèrement je pense que tout le monde n’a pas la capacité de lier un double ou triple projet. Le but n’est pas de faire un monopole, mais au contraire d’être ouvert au grand public et de promouvoir notre sport qui est trop peu connu du grand public aujourd’hui.

”Je trouvais que faire un arrêt c’était plus beau que de marquer un but et ça relançait l’équipe.”

Le dernier match contre Sète (le 17 mai à l’UCPA, ndlr) est-elle la possibilité d’exposer votre projet, ou l’aspect compétitif reste dominant ?  

On est vraiment compétiteurs, on va essayer de gagner ce match, même s’il n’y a pas forcément d’enjeux. Mais on est une équipe qui se bat donc on ne va rien lâcher et on va se servir de ces derniers matchs comme un levier pour la campagne qu’on a lancé.

LIEN DE LA CAGNOTTE : ICI