Après des premières minutes difficiles face à un adversaire qui lutte pour la deuxième place, le Stade de Reims a pu lancer son match grâce au but important de Keito Nakamura juste avant la demi-heure de jeu (voir résumé ICI). Finalement victorieux 3-1, le Stade de Reims se donne de l’air au classement (15e place avec 26 points, soit deux de plus que le barragiste actuel, Le Havre, et provisoirement six de plus que Saint-Etienne, premier relégable). Voici ce qu’on a aimé et moins aimé.
ON A AIMÉ
- Le réalisme offensif rémois. Subissant la pression intense des Marseillais, le Stade de Reims n’a pas beaucoup l’occasion de jouer vers l’avant. Un bloc bas et des contres, voilà le jeu proposé par les Champenois. Profitant tout d’abord d’un débordement de Mamadou Diakhon, Keito Nakamura seul dans la surface adverse n’avait plus qu’à ajuster le gardien Marseillais Gerónimo Rulli. N’ayant eu au total seulement 20% de possession, le Stade de Reims a eu en deuxième mi-temps l’opportunité de jouer des contres tant l’Olympique de Marseille se montrait imprécis. Le deuxième but rémois en est d’ailleurs l’illustration parfaite. Dedic perd le ballon lors d’une attaque Marseillaise au profit d’Ito qui partira sur le côté droit et tenter de lancer son compatriote Nakamura, qui lui-même ne sera pas vraiment en mesure de contrôler le ballon, mais réussira simplement à dévier le ballon pour trouver Mamadou Diakhon qui après une belle course ira tromper le gardien adverse. Le troisième but viendra lui d’une belle sortie de balle Rémoise, Hafiz Ibrahim reçoit le ballon et profite du déséquilibre Marseillais pour lancer Valentin Atangana dans le dos des défenseurs, ce dernier conclut d’une belle frappe. Finalement, le Stade de Reims a le temps d’un match retrouvé son réalisme de début de saison.
- La solidité défensive. Ayant déjà réalisé une belle performance du point de vue défensif à Brest, le Stade de Reims a récidivé ce samedi. Bénéficiant certainement de la chance en début de match, le club marnais a visiblement retrouvé une certaine abnégation défensive. Cherchant semble-t-il à mettre de la densité dans l’axe, où les Marseillais aiment d’habitude avoir le contrôle, le Stade de Reims s’est doté d’un bloc très bas et coulissant en équipe. Sous les ordres précieux de Yehvann Diouf qui a soulagé à plusieurs reprises son équipe, c’est tout un onze qui a fait les efforts. L’impressionnant duo Cédric Kipré – Joseph Okumu a récompensé tout le travail collectif réalisé. Au bout, il y a peut-être un peu de frustration chez Yehvann Diouf de ne pas sortir de ce match avec un nouveau clean-sheet, mais le principal est assuré par les Rémois qui retrouvent une défense cohérente, et des attitudes qui vont en ce sens.
- L’état d’esprit des joueurs et la communion avec le public. Si ces dernières semaines des tensions étaient visibles entre certains joueurs tels que Yehvann Diouf ou encore Valentin Atangana et Cédric Kipré, ce samedi chaque joueur présent sur le terrain côté rémois a fait l’effort dans l’intérêt collectif. A l’image d’un Junya Ito qui dans un rôle compliqué à devoir venir doubler et fermer le couloir aux côtés de Buta puis de Sekine, n’a jamais hésité à répéter les longues courses défensives ainsi que les replacements pour ne pas déséquilibré le bloc Rémois. Un autre bel exemple est Hafiz Ibrahim. Le joueur Nigérian qui avait on le rappelle avait été expulsé lors de sa première apparition en Ligue 1 à Rennes, a montré de belles choses dans son entrée samedi face à l’OM. Entré un peu avant l’heure de jeu à la place de Mamadou Diakhon, Ibrahim a fait de son mieux dans le rôle du point de fixation et pour lancer certaines attaques, comme le démontre le but de Valentin Atangana. Le jeune attaquant a réalisé une belle course avant de lancer parfaitement son coéquipier. Outre cette passe décisive, il aura montré de belles capacités notamment techniquement.
- Des changements pertinents. Si comme chaque année, le Stade Auguste Delaune s’est remplit, il y avait officiellement 20 213 spectateurs dont 1 000 Marseillais (dans le parcage mais plus en comptant ceux qui se trouvaient dans les autres tribunes). Bien sûr, si le scénario du match a aidé les supporters Rémois à donner de la voix, ça faisait très longtemps que Delaune n’avait pas semblé aussi emballé par un match. Bien sûr après 15 matchs sans victoire en championnat, dont 9 à domicile, les supporters attendaient avec impatience une victoire face l’OM. En effet, pour voir une victoire à domicile, il fallait remonter au 6 octobre dernier face à Montpellier, sur le score de 4-2. Un soulagement pour les supporters qui ont donc pu évidemment célébrer cette victoire, et espèrent voir leur équipe se qualifier pour la finale de Coupe de France ce mercredi du côté de Cannes.
ON A MOINS AIMÉ
- Le début de match du milieu rémois. Si Valentin Atangana a été buteur en deuxième période, son début de match, et plus largement celui du milieu de terrain Rémois dans lequel le jeune joueur était accompagné par Mory Gbane et Amadou Koné a été compliqué. Si les Marseillais ont pu développer autant de jeu en étant aussi haut sur le terrain c’est en grande partie à cause du manque d’impact du milieu de terrain Rémois. Après 20 minutes difficile, dès que le Stade de Reims est rentré dans sa rencontre, le trio du milieu a été plus efficace dans ses interventions. Ce début de match compliqué, mis à part, le milieu rémois, en rajoutant John Patrick entré en jeu en deuxième période, a tenu le choc face à l’OM.
- L’inefficacité marseillaise a rendu le match moins plaisant. En difficulté aussi bien offensivement que défensivement depuis quelque temps, l’Olympique de Marseille espérait bien que ce match face à Reims allait aider ses joueurs à reprendre leur marche en avant. Avec 3 défaites sur les 4 derniers matchs, Marseille était dans l’obligation de réaliser un résultat. Cependant, mis à part tourner autour du bloc rémois sans vraiment se montrer très dangereux l’OM n’a pas fait grand-chose de plus. Enormément de déchets, comme ces dernières semaines dans la construction des attaques phocéenne. Plus le match passait, plus les Marseillais perdaient le fil du match et plus il y avait du déchet.
ON S’INTERROGE
- Regain de forme ou simple sursaut d’orgueil ? Après une victoire inattendue comme celle de samedi, il est légitime de se demander s’il s’agit d’un véritable regain de forme et donc d’une confirmation du match nul 0-0 à Brest, ou si au contraire il s’agit d’un simple sursaut d’orgueil. Nous savons que le Stade de Reims n’a jamais su véritablement enchainer une bonne série cette saison. Il est déjà arrivé deux fois cette saison que les Rémois gagnent deux matchs consécutifs. Il est donc légitime de se demander s’ils vont réussir à remporter un deuxième match de suite, face à un autre adversaire qui lutte pour les places européennes, Strasbourg.
- Est-ce que l’équipe est capable de reproduire ce genre de performance ? Réussir à accrocher ou à gagner face à une équipe de haut du classement ce n’est pas la première fois cette saison. Nous pouvons forcément penser aux deux matchs nuls face au PSG (1-1), au match aller face à Lyon sur le même score également, ou également au premier match de la saison face à l’OM (2-2). Dans chaque match, le Stade de Reims a été plus ou moins dominé par son adversaire. Sous Luka Elsner, le Stade de Reims a affiché un visage plus défensif que les dernières années. Le moins que l’on puisse dire c’est que depuis la mise en place de Samba Diawara en entraineur principal, les principes de jeu sont toujours les mêmes. Est-il possible de voir le Stade de Reims changer sa manière de jouer, ou va-t-on voir une équipe aussi défensive qu’en ce moment.