Il n’y a guère que le sport qui peut fĂ©dĂ©rer avec une telle force. En pleine journĂ©e Ă©lectorale, des milliers de RĂ©mois et touristes se sont massĂ©s ce dimanche le long du parcours du passage de la flamme olympique Ă Reims jusqu’Ă l’allumage du chaudron par Yohann Diniz sur le parvis de la Porte Mars. Un instant d’unitĂ© populaire qui devrait rester dans les mĂ©moires..
Cette fois, les Jeux sont lancĂ©s… A Reims en tout cas, la liesse populaire qui a entourĂ© la traversĂ©e de la ville par la flamme olympique a offert une fĂŞte incontestablement rĂ©ussie. Un moment unique pour tous, avec des stratĂ©gies toutefois diffĂ©rentes. Certains s’Ă©taient massĂ©s très tĂ´t au point culminant de la journĂ©e, au pied de la Porte Mars pour voir l’allumage de la vasque. D’autres se sont retrouvĂ©s en des points stratĂ©giques, du dĂ©part, au Parc de Champagne ou sur le parcours pour admirer ou saluer un ou une relayeuse en particulier. D’autres encore avaient choisi le vĂ©lo pour suivre le parcours le plus longtemps possible. Dans tous les cas, les sourires tantĂ´t de joie, tantĂ´t de fiertĂ©, avaient investi les visages.
Emotion, fiertĂ© et bonheur notamment pour la toute première relayeuse rĂ©moise, la jeune nageuse locale Elsa Millart. AttachĂ©e aux valeurs d’inclusion, la championne du monde de natation artistique en situation de handicap faisait la fiertĂ© de nombre de ses proches, amassĂ©s au dĂ©part, au Parc de Champagne. Il faut dire que la jeune femme n’avait pas mesurĂ© tout de suite l’impact d’un tel moment et d’un tel privilège. Après quelques larmes d’une Ă©motion comprĂ©hensible, les sourires pouvaient revenir au moment de voir sa torche s’allumer, sous les crĂ©pitements nombreux des appareils photos.

Fête populaire, fierté pour les porteurs
C’Ă©tait lĂ le dĂ©but d’un parcours de 8Km intra-muros Ă Reims, pour une flamme relayĂ©e par une quarantaine de porteurs. Le tout, dans une organisation millimĂ©trĂ©e et une sĂ©curitĂ© aussi stricte que bienveillante. Après 250m, Elsa Millart pouvait donc transmettre cette magie olympique Ă Nicolas Pietton, autre relayeur en situation de handicap. Dès lors, les relais s’enchaĂ®naient avec la mĂŞme ferveur sur l’ensemble du parcours. Et Ă chaque fois, les mĂŞmes ressentis de bonheur et de fiertĂ©, mais aussi de rapiditĂ©. “Tout va très vite admettent Endy Miyem et Rose Cherronnet”. “Le cerveau se dĂ©branche pendant quelques instants, on n’a le temps de penser Ă rien”, tĂ©moigne Bernard Llagone, chirurgien sparnacien et marathonien, lui aussi relayeur dans les rues rĂ©moises.
De relais en relais, la flamme rĂ©chauffait plusieurs lieux emblĂ©matiques de la ville. Au milieu d’athlètes de renom et grands champions, tels Tony Yoka, Lucas CrĂ©ange, Isabelle SĂ©vĂ©rino, Jean-Michel Lucenay ou encore Endy Miyem, Manon Durand et Laurence Klein, quelques personnalitĂ©s moins reconnues ne manquaient pas de succès. Parfaitement accompagnĂ©s par l’organisation “Paris 2024”, chaque relayeur Ă©tait dĂ©posĂ© en bus quelques minutes Ă leur point de dĂ©part respectif, puis Ă©taient rĂ©cupĂ©rĂ©s par un autre bus après leur relais pour que chacun puisse profiter de la grande fĂŞte finale.

Le show Diniz, l’attraction Tony Parker
Entre le parvis de la porte Mars et les halles du Boulingrin, la foule ne manquait pas, assidue devant les dĂ©monstrations et autres animations dĂ©marrĂ©es dès le milieu de l’après-midi. Mais la vraie attraction, c’Ă©tait la prĂ©sence de Tony Parker, sur le stand d’un partenaire de l’Ă©vĂ©nement. Sous les yeux Ă©merveillĂ©s de la foule, le “Hall of Fame” NBA et ancienne star de l’Equipe de France de basket a alternĂ© pendant plusieurs heures, selfies, dĂ©fis sportifs ou simples Ă©changes. “C’est une chance incroyable de pouvoir l’approcher, il est cool”, se rĂ©jouit une passante. Beaucoup ont fait la queue, la plupart, avec succès pour l’approcher.
Très vite, Ă son dĂ©part, une heure avant le grand final de la journĂ©e, la foule se positionner autour du chaudron. Conscients de ne vivre ce moment qu’une fois dans leur vie, les nombreux habitants usaient de stratĂ©gie et jouaient des coudes pour se faire une bonne place. Parmi eux, les relayeurs des villes marnaises prĂ©cĂ©dentes. De VĂ©ronique Pierron Ă Marc Truffaut, en passant par GrĂ©goire Pastres, Manon Etringer ou SĂ©bastien Verrier, tous tĂ©moignant d’un “moment vraiment incroyable”.
Le moment d’accueillir sous les vivas de la foule, Yohann Diniz, ultime relayeur. Torche en main, sourire aux lèvres, le marcheur rĂ©mois, recordman du monde et champion du monde de marche athlĂ©tique entamait alors avec son allure si spĂ©cifique Ă sa discipline.. Un show de quelques instants dont il a le secret, comme pour faire durer le plaisir. A 19h20, il Ă©tait alors temps d’allumer le chaudron. Instant magique et symbolique dans un dĂ©cor idoine et sous une mĂ©tĂ©o plus que clĂ©mente. Un moment suspendu, certes trop court. Mais qui lance dĂ©finitivement les Jeux de Paris 2024 Ă Reims. Tous les athlètes olympiques vont dans le mĂŞme sens. L’engouement ne cesse de monter et la foule rĂ©moise n’est qu’un argument de plus de la grande fĂŞte que reprĂ©sentent ces Jeux Olympiques et Paralympiques.
Avant ça, Reims gardera l’esprit olympique avec l’arrivĂ©e dans la CitĂ© des Sacres d’athlètes britanniques, finlandais et norvĂ©giens, mais aussi de l’Equipe de France fĂ©minine de basket. La flamme, elle, n’est dĂ©jĂ plus qu’un souvenir. Pourvu que l’union suscitĂ©e par l’Ă©vĂ©nement puisse subsister. Car oui, il n’y a guère que le sport qui parvient Ă fĂ©dĂ©rer si bien.