Grâce à un grand Teddy Teuma et une belle maturité collective, le Stade de Reims s’est offert trois points supplémentaires ce dimanche à Montpellier, confirmant les promesses entrevues à Delaune contre Clermont. Retour à froid sur ce qu’il faut retenir de cette première victoire à l’extérieur dans notre traditionnel J+1.
Le bulletin

- Yevhann Diouf ⭐⭐⭐
- Josh Wilson-Esbrand ⭐⭐⭐
- Yunis Abdelhamid ⭐ ⭐⭐⭐
- Emmanuel Agbadou ⭐⭐⭐⭐
- Thomas Foket ⭐⭐⭐⭐
- Azor Matusiwa ⭐⭐⭐⭐
- Marshall Munetsi ⭐⭐
- Teddy Teuma ⭐⭐⭐⭐⭐
- Keito Nakamura ⭐⭐⭐
- Junya Ito ⭐⭐⭐
- Oumar Diakité ⭐⭐⭐
L’analyse
Comme face à Clermont, le Stade de Reims n’a pas disputé la partie parfaite. Et il faut reconnaître que la qualité du terrain ne le permettait pas vraiment. Mais peut-être va-t-il falloir s’y habituer. A défaut de proposer un jeu totalement étincelant, le Stade de Reims a été capable dimanche à Montpellier de varier entre belles séquences offensives et gestion des temps faibles. L’équipe a su se mettre à l’abri grâce à une efficacité redoutable et a marqué dans des moments importants. D’abord en début de match pour se faciliter la gestion des efforts, juste avant la pause et en plein temps faible alors que Montpellier poussait pour revenir. Une intelligence renouvelée dans la maîtrise de la rencontre qui pourrait devenir une partie de l’ADN de ce Stade de Reims de début de saison.
Les clés du match
Comme contre Clermont, le volume de jeu proposé par Azor Matusiwa et la masterclass de Teddy Teuma a permis au Stade de Reims de faciliter le travail au milieu de terrain. A défaut d’éteindre un Téji Savanier intéressant, le milieu rémois a su couper la relation milieu-attaque de Montpellier, si bien qu’il a fallu un exploit de Musa Al-Tarami pour permettre aux Héraultais de revenir avant la pause.
L’efficacité. Un coup-franc direct et une volée du gauche en plein lucarne. Teddy Teuma a fait preuve d’un réalisme rare, au-delà du côté spectaculaire de ses buts. En face, Akor Adams s’emmêlait les pinceaux et Arnaud Nordin trouvait le poteau à bout portant. Un résultat tient parfois à peu de choses. Et c’est souvent la réussite qui fait la différence.
L’adaptation. Adepte d’un jeu de passes courtes, de projections rapides et de percussions parfois dans des petits espaces, le Stade de Reims a du, et su s’adapter à un terrain qui ressemblait plus à une étendue sableuse qu’à un beau rectangle de pelouse. Dans ce contexte, les Rémois ont préféré l’impact dans les duels, la présence sur les coups de pied arrêté et sur les seconds ballons. Adaptation gagnante.
Nos impressions
ON A AIME
- La confirmation. Il y a une semaine, on se demandait si Reims saurait confirmer les promesses à l’extérieur. Gagner à Montpellier n’est pas chose aisée. Alors le faire avec une vraie gestion des temps forts et faibles est notable. Le plus dur maintenant, durer, encore.
- La maturité. A défaut d’être flamboyant, Reims joue intelligemment. L’équipe a su faire le dos rond dans les moments compliqués, et a su être efficace dans les moments opportuns. Une maîtrise que le Stade de Reims doit grandement à son milieu de terrain, encore une fois (voir plus haut dans les clés du match), et à une solidité défensive globale qui permet au club de voyager avec sérénité.
- La capacité d’adaptation de Will Still. Sur un terrain loin du billard espéré en Ligue 1, le coach rémois n’a pas pu user des couloirs comme il aime à le demander à ses joueurs habituellement. L’occasion d’intensifier l’impact dans les duels dans un bloc situé plus haut. Avec un gros volume de jeu, les Rémois ont été capables de multiplier les courses à forte intensité dans les deux sens du terrain. Et si ça tient physiquement toute la saison, Reims sera costaud. A beaucoup courir, les Rémois ont gagné beaucoup de seconds ballons. Une vraie option dans le cadenas du milieu.
- Teddy Teuma. Il a pris des points dans la course au chouchou de Delaune. On savait déjà son volume de jeu, ses capacités techniques et son caractère qui fait de lui un leader d’équipe. Si en plus il enchaîne les buts venus d’ailleurs, il va vite devenir indispensable. La richesse des profils au milieu va permettre à Will Still de varier les plaisirs. Mais comme Teddy Teuma semble savoir tout faire, il est une vraie belle trouvaille.
- Yunis Abdelhamid et Emmanuel Agbadou confirme. Après un démarrage en mode diesel, on n’avait pas trop de doute sur la capacité du capitaine rémois à vite trouver son haut niveau de performance. A côté de lui, Emmanuel Agbadou a déjà des automatismes. Poussé vers le haut par la concurrence de Joseph Okumu, il a fait preuve d’autorité et de solidarité. Il arrive toujours à se faire peur une ou dux fois dans le match, comme souvent, mais sans conséquence.
- Les coups de pied arrêtés sont-ils la nouvelle force du Stade de Reims ? En échec sur l’exercice l’an passé, le Stade de Reims a déjà inscrit 3 buts sur coups de pied arrêté (2 corners et un coup-franc). On aurait pu porter le chiffre à 4 si Oumar Diakité avait transformé son penalty. Qu’importe. On sent que le travail de mobilité et les combinaisons proposées portent enfin leurs fruits. Et la qualité de tireurs comme Junya Ito et Teddy Teuma aident en cela.
ON A MOINS AIME
- Comme la semaine passée, le côté gauche continue de se chercher. Et la qualité du terrain n’a pas aidé. Josh Wilson-Esbrand continue de monter en puissance et en confiance, même s’il a été trop tendre sur le but d’Al-Tamari. Sa complémentarité avec Keito Nakamura est encore fragile. Conséquence, le Japonais peinent à montrer tout son talent. Comme à Clermont, Will Still a décidé de le changer complètement en fin de match avec les entrées de Thibault De Smet et Mohamed Daramy, sans plus de réussite cette fois. Nul doute qu’avec le temps, le côté gauche, vu les capacités, va trouver son rythme de croisière.
- Marshall Munetsi a été précieux dans le jeu sans ballon. Mais il a semblé chercher sa place dans un milieu où Teddy Teuma a brillé. Moins précis dans ses relances, il a perdu quelques ballons évitables. Moins à son avantage, il continue toutefois d’abattre du terrain sans ballon et gêne la relance ou les combinaisons entre les lignes adverses. Mention peut mieux faire pour le monsieur sourire du Stade de Reims.
ON S’INTERROGE
- Bon courage à Will Still pour trouver un onze type tant les possibilités sont grandes. Mais certainement qu’en réalité, le coach rémois ne cherche pas un onze à titulariser à chaque match. La variété offre tellement de possibilités qu’il restera à s’adapter selon le contexte et les caractéristiques de l’adversaire.
- La débauche d’énergie rémoise est assez impressionnante. On se souvient que Reims en avait souffert en fin de saison dernière. Cette fois, le doublement des postes et le potentiel des entrants dans chaque match doit prévenir des éventuelles baisses de régime. Est-ce que ça va tenir ? Le Stade de Reims s’est donné les moyens pour que ce soit le cas.
- En ratant son penalty, Oumar Diakité ne s’est pas rendu service. Peu de gens lui en ont tiendront rigueur, tant on sait qu’il a de la qualité. Mais on sait aussi que les attaquants tournent à la confiance, et le déclic d’Oumar Diakité passera par sa capacité à trouver enfin le chemin des filets en compétition officielle. S’il est toujours difficile à trouver, le jeune attaquant a montré des choses plus intéressantes en 2e mi-temps à Montpellier, en décrochant plus souvent, et dans la qualité de ses appels. Mais si le premier but tarde à venir, il sait que la concurrence est rude et que la place est chère.