Crédit photo : Julien LAMPIN

Le Stade de Reims à Clermont pour ne pas gâcher

C’étaient les mots de Yunis Abdelhamid après la frustrante défaite contre Strasbourg à domicile dimanche dernier. Le capitaine rémois affirmait de pas vouloir gâcher en quelques matchs de fin de saison, six mois d’efforts remarqués. A Clermont, équipe en forme, les Rémois voudront à minima éviter un 3e revers consécutif ce dimanche (15h), à l’occasion de la 33e journée de Ligue 1. 

L’AVANT-MATCH

Il n’est plus l’heure de penser à l’Europe ou à une quelconque place dans le top 6 de Ligue 1. Après deux défaites, à Rennes et contre Strasbourg, il s’agit d’abord ce dimanche à Clermont de stopper l’hémorragie. L’enjeu n’est pas anodin. Terminer la saison dans le top 8 récompenserait autant l’équipe de Will Still qu’elle confirmerait les progrès constants du club depuis ses retrouvailles avec la Ligue 1. Surtout, une 8e place offrirait au Stade de Reims des dotations financières importantes dans la poursuite de la construction du projet club. En ce sens, ne pas laisser Clermont, premier poursuivant des Rémois au classement, s’imposer à domicile éviterait une rétrogradation automatique au classement.

Resserrer les boulons défensifs

Surtout, il conviendrait aux Rémois de s’éviter un troisième revers de suite. Une série jamais arrivée cette saison aux Rouge et Blanc, même dans la difficulté. Pour cela, les Rémois devront remettre des ingrédients moins visibles depuis le retour de trêve internationale. Vainqueurs sans la manière à Nantes, équipe malade en cette fin de saison, les Rémois ont déjà évité un revers contre Brest d’un penalty généreux à l’ultime minute avant les déceptions contre Rennes et Strasbourg. Points communs à ces rencontres ? Une usure physique et morale qu’il ne fallait pas prendre à la légère. La série d’invincibilité a été très énergivore et la série actuelle laisse à penser que les Rémois en payent le contre-coup. Le diagnostic semble ainsi plus sévère que la célèbre théorie de l’accident.

Moins justes techniquement, plus fragiles défensivement, moins soudés collectivement, moins efficaces offensivement, moins lucides dans certains choix, tous les feux ne sont certes pas au rouge. Mais plus que l’équipe en face, Reims est actuellement son propre adversaire. Afin de couper avec cette dynamique, Will Still et son groupe se sont offerts un escape game durant la semaine, histoire de s’aérer l’esprit. L’occasion de rebooster les attitudes. Ce dimanche, à Clermont, c’est d’abord la cohésion et la solidarité que les Rémois devront retrouver. Face à des Auvergnats en forme, les Marnais devront faire preuve d’une combativité dont ils ont manqué par séquence et qui a été fatale deux fois de suite. C’est cette concentration qui a manqué dans la construction de jeu par l’arrière à Rennes et dans le placement d’un début de match raté contre Strasbourg. Avec plus de sérénité et des lignes resserrées, Reims a toutes les capacités de prendre le meilleur sur Clermont. Elément clé de l’équilibre rémois, le milieu de terrain Matusiwa – Munetsi – Lopy, s’il est en forme, devrait redonner de la consistance au bloc stadiste. Une solidité essentielle pour permettre aux flèches offensives de retrouver de l’efficacité et du sourire. Sans Arber Zeneli mais avec Myziane Maolida, Junya Ito et Kamory Doumbia ou Alexis Flips, les Rémois ont les éléments suffisants pour permettre à Folarin Balogun de s’approcher des 20 buts en saison.

L’ADVERSAIRE

Sévèrement battus en ouverture de saison face au PSG (5-0), Clermont avait lancé sa saison à Delaune, à Reims. Pourtant menés 2-0 face aux Rémois, les Clermontois ont profité d’une exclusion d’Emmanuel Agbadou pour renverser les Marnais et s’imposer 4-2. Dès lors, les protégés de Pascal Gatien prenaient suffisamment de points pour se mettre rapidement à l’abri de la course au maintien. Victimes d’un énorme trou entre la mi-octobre et fin décembre, les Auvergnats retrouvaient de l’air grâce à trois succès en janvier avant de nouvelles difficultés. Mais l’arrivée du printemps a redonné des couleurs aux Clermontois. Sur une série de quatre victoires de rang, le CF63 propose “un jeu attractif” prévient Will Still. Une réussite dont les ingrédients collectifs sont similaires à ceux connu par le Stade de Reims dans sa période faste. Comme pour Reims avec Yevhann Diouf, Clermont peut compter sur un gardien en verve. A six journées de la fin du championnat, Mory Diaw affiche un total de 100 arrêts (6e meilleur bilan) et 8 clean sheets (8e meilleur bilan), entre agilité et réussite, parfois. De quoi apporter de la sérénité et de la confiance aux autres lignes. Jusqu’à celle offensive qui longtemps timide, semble se révéler depuis un mois. A l’image d’un Grejohn Kyei, l’ancien rémois, auteur de 6 buts cette saison et face à qui il est difficile de défendre par sa puissance autant que par ses nombreuses courses.

LES STATS

  • Reims a subi 3 défaites en 5 matchs. C’est autant que sur les 26 dernières journées
  • Reims n’a plus perdu 3 fois consécutivement depuis 15 mois
  • En déplacement, le Stade de Reims n’a jamais marqué plus d’un but lors de ses 11 derniers déplacements
  • Attention au dernier quart d’heure : Clermont a pris 12 points après la 75e minute
  • Clermont est l’une des 4 équipes de Ligue 1 ayant obtenu moins de points à domicile (21) qu’à l’extérieur (25), comme Marseille, Monaco et Nice (21 & 24).
  • Clermont a inscrit 17% de ses buts depuis l’extérieur de la surface en Ligue 1 2022/23 (6/35), aucune équipe n’affiche un plus haut pourcentage, alors que Reims a encaissé 21% de ses réalisations en dehors de la surface (7/34), plus haut ratio de l’élite.
  • Reims n’a marqué qu’un but sur coup de pied arrêté (hors penalty) cette saison. Plus faible total cette saison.

LE PROGRAMME ET LE CLASSEMENT