Crédit photo : Elodie SAINTE

Le Champagne Basket Féminin entre jeunesse et ambition

Avec un effectif conservé à 40%, avec plusieurs cadres, le Champagne Basket Féminin s’est offert la possibilité d’une forme de continuité. Y compris au niveau des ambitions. Avec un groupe qui semble plus complet que l’an passé, les Pétillantes de Vincent Dupuis, qui vivra sa première saison complète en tant qu’entraîneur principal, espèrent intégrer le top 4 de Ligue 2.

Certes, tout n’était pas parfait mardi soir à l’issue du 2e match amical du Champagne Basket Féminin. Sur leur parquet de René Tys, les Rémoises, malgré une belle avance en milieu de match, ont fini par céder contre Aulnoye (65-68). L’ultime tentative à trois points, au buzzer, d’Eva Faillot n’a pas permis de revenir. Mais qu’importe, l’essentiel est ailleurs. “Forcément, on n’aime pas le résultat, réagissait Vincent Dupuis à la fin. Même si c’est de la prépa, je veux gagner, les filles aussi, donc c’est bon signe. Et puis on a été capables de dégager beaucoup d’intensité, on s’en est servi en début de chaque mi-temps pour réagir à ce que notre adversaire faisait plutôt que d’imposer notre style de jeu”.

C’est là le symbole des réglages qu’il reste à travailler au milieu d’une préparation qui s’annonce longue. Et pour l’instant incomplète, avec les absences de Khadidiatou Diouf et Astrid Courbot. L’internationale sénégalaise reviendra lundi du tournoi pré-qualificatif pour les JO 2028 avec sa sélection. La jeune joueuse de l’Insep, elle, est revenue blessée de l’Euro U18 où elle a été médaillée d’argent avec les Bleues. Il ne manquait pas de nouvelles têtes pour autant. Un groupe jeune et à beau potentiel qui devra assumer la belle saison dernière en intégrant le top 4 voire la demi-finale de Ligue 2.

Budget limité, pas les ambitions

“C’est la tradition chez nous de faire confiance aux jeunes joueuses“, assume le président Philippe Sauret. Le tout avec un budget qui reste encore limité. “On a fait progresser notre budget, même si ce n’est pas encore assez“. Concrètement, le Champagne Basket Féminin œuvrera avec un budget de 850.000€ au lieu de 800.000 l’an passé. “On a souhaité avoir un effectif un peu élargi, mais on sait que le poste 1, c’est un poste clé“. A ce titre, les deux meneuses recrutées devront confirmer leur pedigree. L’une a fait finale (Amance Kerbaul), l’autre demi-finale (Rachel Clet) de Ligue 2 sur la dernière saison.

Elles auront la lourde charge de faire oublier Lauryn Vieira, partie à Voiron. Leur expérience malgré leur jeune âge sera forcément une plus-value. “Reims, c’est un club structuré et référencé dans la division, se réjouit Amance Kerbaul. D’autant que ma sœur a déjà joué ici et ça m’a rassuré. Et puis le projet de Vincent Dupuis est aussi attractif. Je suis une meneuse très énergique, qui met beaucoup d’intensité, je vais au combat. L’année dernière, j’ai eu la chance d’aller jusqu’en finale, ça va forcément me servir pour moi et mes coéquipières. Après je reste jeune, avec le besoin de me construire“.

De l’intensité et du spectacle

Ce sera donc la signature de cette équipe : fraîcheur, intensité, et envie de bien faire collectivement. Des valeurs à intégrer au milieu d’un ADN qui restera portée sur une vraie rigueur défensive et un jeu rapide offensivement. Autant dire que ça va courir. Dans ces conditions, Aïcha Camara, elle aussi venue du finaliste Montbrison soulagera Kerryne Aman. A l’extérieur, Eva Faillot voudra confirmer sa très bonne saison passée, tandis qu’à l’intérieur, le CBF pourra encore compter sur son Américaine Anya Poole. Elle sera cette année relayée par Cindy Perdriau dont l’impact physique et le travail défensif seront précieux.

Autant d’atouts que Vincent Dupuis espère mettre à profit, lui qui disputera sa première saison pleine en tant que head coach. A ses côtés, il sera cette année assisté de Joshua Cézard, tout chaudement champion de France de LF2 avec La Tronche Meylan. Il aura pour mission d’accompagner et gérer la prépa physique et une partie du développement individuel des joueuses. Des athlètes qui ne demandent qu’à exprimer leur talent dans un championnat qui s’annonce encore dense. Premier défi, le 19 septembre prochain, en Coupe de France face à Saint-Amand. Pourvu que ça pétille !

Astrid Courbot, un été qui change tout

Sélectionnée avec l’Equipe de France U18 cet été, la jeune Astrid Courbot est devenue vice-championne d’Europe après la défaite contre l’Espagne en finale. L’ailière a tout de même été élue dans le 5 majeur de la compétition. Une reconnaissance qui lui offre le plein de confiance avant de débuter sa première expérience pro avec Reims.

Qu’est-ce qui t’as convaincu de venir en Champagne ?

J’ai eu plusieurs appels avec Vincent. Il m’a exposé le projet du club, la manière dont il compte me faire évoluer au sein du club. Il ne fait pas de différence entre les jeunes et les autres. Il veut nous donner notre chance, donc ça m’a intéressé, et j’ai choisi Reims.

Quels souvenirs tu as de cette salle quand tu as joué avec l’Insep ?

La salle est vraiment cool et j’avais kiffé l’ambiance ici. Bon, on n’avait pas fait un super match avec le Pôle France, mais sinon c’était sympa.

Crédit photo : Julien LAMPIN

Qu’est-ce qui a changé avec la médaille européenne cet été et la reconnaissance individuelle ?

Forcément, la confiance s’est développée. Maintenant, l’été, c’est l’été. Je dois me concentrer sur la saison qui arrive. Mais l’aventure cet été m’a beaucoup aidé dans la confiance que j’ai acquise. Mentalement, je me sens prête à ce qu’on compte sur moi. C’est le coach qui décidera de me donner le nombre de minutes qu’il veut. Ce sera aussi en fonction de ce que je vais faire à l’entraînement, mais mentalement, je me sens plus prête.

Le fait d’arriver de l’Insep avec Neyvaeh Marcin, est-ce un plus pour votre intégration ?

Mon choix de venir ici était purement personnel, mais quand j’ai su que Neyvaeh serait avec moi, on est dans une colocation aussi ensemble, forcément ça rassure, et ça permet d’être plus à l’aise.

Quelle est ton impression sur le groupe que tu découvres ?

L’ambiance est vraiment cool, on apprend encore à se connaître. Tout le monde est gentil, on travaille toutes dans le même sens, donc je suis contente.