Crédit photo : Marie PORTE

Le Stade de Reims entame ce soir sa rédemption en Ligue 2

On y est ! Dans un contexte particulier, mêlant frustration voire défiance chez les supporters, le Stade de Reims affronte Amiens ce lundi soir (20h45) à l’occasion de la première journée de Ligue 2. Le début d’une nouvelle saison décisive pour l’avenir d’un club qui n’imaginait pas le scénario catastrophe qu’il a connu au printemps. Présentation..

Le Stade de Reims est prévenu. Relégué en Ligue 2 et cité naturellement parmi les favoris, le club rémois sait que rien ne lui sera donné. A l’image de Montpellier ou St-Etienne voire Guingamp, autres prétendants à la remontée ou montée dans l’Elite et ralentis samedi dès leur entame dans ce nouveau championnat. Il faudra donc être sérieux, efficace et régulier pour s’éviter les nombreux pièges et déceptions dans un championnat réputé pour ne pas être facile. Le président du club rémois, Jean-Pierre Caillot, ne s’y est pas trompé, reconnaissant chez nos confrères de l’Equipe qu’une remontée directe sera difficile, mais qu’il faudra y parvenir dans les deux ans s’il ne veut pas revoir les projets du club.

LE CONTEXTE

Rien ne laissait présager il y a un an que le Stade de Reims évoluerait en Ligue 2 cette saison. Sans revenir sur les raisons déjà maintes fois évoquées (ventes de joueur au mercato d’hiver, changements d’entraîneur, perte de leader, déceptions sportives), la fin de saison et la relégation a créé une scission entre direction et une partie de ses supporters et suiveurs. Une défiance qui n’offre pas la plus grande des sérénités au moment d’aborder cette nouvelle saison. Une agitation également connue en interne tant la descente n’était pas imaginée. Nouveau budget, nouvelle équipe, nouveau projet, hybride pour le moment, et, qu’on se le dise, plus confortable économiquement compte tenu des investissements moins lourds à porter avec des salaires considérablement diminués.

Pour autant, le Stade de Reims veut garder son standing et ses ambitions. D’où le besoin de remonter vite en Ligue 1. Car la politique de trading n’est pas abandonnée pour autant. Le club a d’ailleurs vendu suffisamment ( pour bénéficier d’un des plus gros budgets de la division. Mais cette stratégie ne pourra se révéler efficace dans la durée dans l’antichambre de l’Elite, sous peine de retomber petit à petit dans un anonymat redouté, et de subir un foot français à deux vitesses, loin des gros calibres de première division, combien même la crise des droits TV n’a pas fini de fragiliser le secteur d’activités.

L’EFFECTIF

Régulièrement, une descente dans la division inférieure fragilise sportivement un effectif qui se défait naturellement de ses meilleurs éléments. Le Stade de Reims n’y a pas coupé avec les départs de Yevhann Diouf (Nice) et Junya Ito (Genk). Révélation de fin de saison, Nhoa Sangui a été transféré pour une belle somme au Paris FC, tandis qu’Amadou Koné, vendu pour plus de 13 millions d’euros en Arabie Saoudite soulage aussi les finances du club. Parmi les autres départs, Gabriel Moscardo et Aurélio Buta, prêtés, sont repartis, tandis que Cédric Kipré a été prêté avec option d’achat à Ipswich.

Keito Nakamura aimerait lui aussi prendre la poudre d’escampette. Mais la porte est fermée. Pas pour Valentin Atangana et Oumar Diakité pour qui les offres ne sont pas légions, mais qui n’apparaissent pas dans le groupe contre Amiens ce lundi. Si le second aimerait trouver une porte de sortie, le premier, formé localement, ne serait pas dérangé par une année supplémentaire dans son club de cœur. De quoi tout de même, proposer un effectif jeune. Ewen Jaouen, de retour de prêt, dans les buts, Abdoul Koné, Malcolm Jeng, Mohamed Diadié, Ange Tia, Patrick Zabi, Thiemoko Diarra, Pape Sissoko ou encore Adama Bojang n’ont pas de grandes expériences du haut niveau. Pour les encadrer, ils pourront compter sur les cadres qui sont restés (Sergio Akiémé, Hiroki Sekine, Teddy Teuma, John Patrick, Jordan Siebatcheu). Ils peuvent aussi compter sur le retour d’un Reda Khadra qui a montré de belles choses en préparation après un an hors des terrains pour blessure. Pour apporter un peu plus d’expérience, le club a recruté Yohan Demoncy, habitué des joutes en Ligue 2 et Nicolas Pallois, venu de Nantes et dont le leadership naturel ne sera pas de trop.

UNE EQUIPE CAPABLE DE JOUER LA MONTEE

Un effectif mené par un nouvel entraîneur, le belge Karel Geraerts dont les principes de jeu sont encore à éclaircir. Pour autant, l’ambition semble de proposer un gros pressing et un jeu offensif à la récupération. Il faudra pour ça plus d’automatismes et une efficacité dans les deux surfaces. Le tout avec une ossature qui se dessine sur quelques postes. Ewen Jouen, fort de ses expériences à Rodez et Dunkerque, devrait garder les cages rémoises. En défense centrale, Nicolas Pallois, probable capitaine, devrait accompagner Joseph Okumu dans l’axe. Le Kenyan en difficulté en fin de saison dernière, n’a pas montré de meilleurs signes durant la préparation. Sur les côtés, Sergio Akiémé et Hiroki Sekine tiendront les couloirs. Le reste est moins certain. De retour avec de bonnes dispositions durant l’avant-saison, Teddy Teuma sera utile à l’équipe tout comme la recrue Yohan Demoncy. Valentin Atangana (s’il reste) et Mory Gbane vont se disputer le poste de milieu récupérateur, tandis que John Patrick, intéressant s’il est plus régulier va disputer quelques minutes avec Patrick Zabi qui a montré de belles choses en juillet, tandis qu’il semble difficile de retrouver Yaya Fofana qui a rechuté cet été.

Offensivement, c’est pour l’instant plus brouillon. Et les six matchs amicaux d’avant-saison n’ont pas offert de grandes certitudes. L”imbroglio Keito Nakamura n’arrange pas, pas plus que la situation d’Oumar Diakité. Mamadou Diakhon pourrait aussi quitter le club dans les prochains jours. Dans ces conditions, Karel Geraerts semble compter sur l’expérience et la volonté de Jordan Siebatcheu. Mais son rendement peine pour l’instant à se révéler indispensable. Le retour de Reda Khadra est lui prometteur, tout comme les progrès montrés par Adama Bojang. Les interrogations sont aussi nombreuses autour d’Amine Salama et Mohamed Daramy, toujours à l’infirmerie, autant que sur les jeunes Diarra, Orazi ou Ibrahim, intéressants mais encore inexpérimentés pour avoir des rôles majeurs en Ligue 2.

LES ADVERSAIRES

La première journée de Ligue 2 a montré combien chaque rencontre sera difficile. Montpellier et St-Etienne l’ont appris à leurs dépens. Naturellement, les relégués (dont Reims) font partie des candidats naturels à leur remontée. De par leurs structures, leurs budgets et les effectifs qu’ils possèdent. Des statuts toujours difficiles à assumer. D’où l’importance de s’appuyer sur des joueurs de caractère. L’expérience de 2016 à Reims est un autre exemple. Qu’on se le dise, Reims fera partie des équipes que tout club de Ligue 2 voudra faire tomber. Guingamp, Laval, Troyes et Dunkerque, voire Bastia seront à surveiller.

Amiens, lui, devrait d’abord se battre pour se maintenir. Premier adversaire du club rémois ce lundi soir, sur le terrain du club picard, l’ASC sera un premier bon test pour situer le Stade de Reims par rapport à l’adversité. Coaché par Omar Daf, le club amiénois n’a pas montré de grandes choses en préparation (une victoire contre Fleury, un nul contre Boulogne/Mer et 3 défaites face à Lille, Bastia et Red Star). Des incertitudes renforcées par des renforts tardifs. Dans les buts, les Amiénois devraient s’appuyer sur l’expérience du dernier venu, Paul Bernardoni. Les deux recrues Arvine Appiah (prêté par Almeria) et Aboubacar Lô, venu de Metz ne seront peut-être pas titulaires, et l’équipe semble encore incomplète pour complet beaucoup de départs, notamment en défense. De quoi, là aussi, proposer un groupe assez jeune au milieu duquel Thomas Monconduit, Antoine Leautey et l’ancien rémois Victor Lobry seront à surveiller dans un système qui se dirige vers un 4-2-3-1 même si une défense à cinq n’est pas à exclure. Un adversaire qui permettrait de mettre le Stade de Reims sur de bons rails dès la première journée. Car le début de saison sera primordial. Sportivement, mais aussi dans la capacité à mobiliser des supporters dont une partie est fâchée.

EQUIPES POSSIBLES :

AMIENS : Bernardoni – Chabane, Bakayoko, Monconduit, Kaïboue, Appiah – Averlant, Fofana, Lobry, Leautey – Rafii. Entr. : Omar Daf
Remplaçants : Sauvage, Lô, Amegatse, Talbot, Manitu, Lutin, Chibozo, Injai, Ikia Dimi
REIMS : Jaouen – Sekine, Okumu, Pallois, Akieme – Demoncy, Gbane, Teuma, Zabi – Bojang, Siebatcheu. Entr. : Karel Geraerts
Remplaçants : Olliero, Koné, Patrick, Diakhon, Tia, Diarra, Ibrahim.