Après la défaite cruelle à Nice, le Stade de Reims attendait le match de samedi face à Saint-Etienne comme le match du maintien (voir résumé ICI). Mais une nouvelle fois plombé par une entame de match catastrophique avec un but encaissé rapidement, le Stade de Reims n’est jamais parvenu à inquiéter une équipe de Saint-Etienne venue pour gagner. Avec cette défaite le Stade de Reims reste en danger, conservant seulement 2 points d’avance sur Le Havre qui se déplace à Strasbourg, tandis que Reims ira à Lille. Voici ce qu’on a aimé et moins aimé.
ON A AIMÉ
- La réaction en deuxième mi-temps. Après un début match et plus largement une première période difficile, le Stade de Reims est revenu avec un peu plus d’intentions par obligation de résultat. Sortant un Joseph Okumu une nouvelle en grande difficulté, Samba Diawara a choisi de le remplacer dès le retour des vestiaires par Junya Ito qui débutait sur le banc après son absence à Nice. Ce changement offensif et tactique avec le passage à 4 derrière a eu un effet positif sur l’équipe locale. Reims s’est montré tout de suite plus offensif et a essayé de contrôler la partie, malheureusement c’est encore une fois le dernier geste qui a posé problème. En 10 frappes durant la seconde mi-temps, le Stade de Reims en a cadré une seule. Ce grand manque de réalisme a coûté très cher à Reims qui malgré une légère domination sera tombé sur une défense de Saint-Etienne sereine. Ce regain d’énergie tient peut-être son origine des changements de Samba Diawara.
- Les changements de Samba Diawara. Si ses compositions sont souvent critiquées notamment depuis le passage à 5 derrière, Samba Diawara a une nouvelle fois essayé des choses avec ses changements. Comme déjà évoqué, Junya Ito est entré dès la 46e minute à la place de Okumu, qui signifiait un retour à 4. Si le japonais n’a pas tout réussi, il a tout de même apporté un certain danger sur le côté droit de l’attaque rémoise. Les sorties de Sergio Akieme et de Amadou Koné sans doute dans le but de les reposer tant leur activité était importante furent comblées par Nhoa Sangui et John Patrick. L’entrée de ces deux joueurs est satisfaisante, le dernier cité est parvenu plusieurs fois a récupérer des ballons et à faire le lien entre le milieu et l’attaque rémoise, chose qui manquait cruellement en première période dans l’équipe rémoise qui passait énormément par les côtés. Mamadou Diakhon est également rentré, il a remplacé un Martial Tia intéressant qui aura beaucoup tenté mais en difficulté dans la finition. Mais comme trop souvent avec le jeune ailier français, son irrégularité a été visible, avec parfois de beaux gestes et de beaux mouvements, mais parfois du déchet. Enfin Hafiz Ibrahim a lors de son entrée montré comme à son habitude une attitude positive tentant à plusieurs reprises de gêner la défense adverse, il n’a cependant pas eu de ballons à jouer au niveau offensif.
ON A MOINS AIMÉ
- L’entame de match. Le Stade de Reims se met souvent en difficulté au début des rencontres, et cela s’est encore vérifié samedi à Delaune. N’ayant pas eu énormément le ballon dans les premiers instants, Reims a encaissé un but de Florian Tardieu dès la 3e minute, le pire scénario possible pour commencer cette partie importante pour les deux équipes dans la quête du maintien. Au départ de l’action, Amadou Koné tente de protéger son ballon et de le laisser sortir, mais le perd bêtement en cherchant trop la faute qu’il n’obtiendra pas. C’est cette perte de balle qui profitera aux stéphanois. Sur le ballon que reçoit Tardieu par Cardona, Tia et Atangana laissent énormément d’espace pour le buteur. Ce but était finalement le signal d’une soirée longue pour le Stade de Reims qui n’en avait pas terminé avec les erreurs individuelles, comme trop souvent cette saison en championnat.
- La charnière centrale défaillante. Le point faible du Stade de Reims en Ligue 1 est sa charnière centrale. Une nouvelle fois constituée de Kipré, Gbane et Okumu, l’axe de la défense a encore été en grande difficulté face à Saint-Etienne. La preuve sur le deuxième but stéphanois encaissé par Reims juste avant le retour aux vestiaires, à la 41e minute. Joseph Okumu qui tentait de renverser le jeu comme cela lui est souvent reproché par ses entraineurs successifs depuis son arrivée en Champagne, mais au lieu de voir ce ballon arriver dans les pieds de Sergio Akieme, ce renversement de jeu est contré involontairement par Valentin Atangana. Cette nouvelle perte de balle évitable est finalement la base de l’action stéphanoise qui précède le but de Cardona. Sur quasiment toutes les actions des joueurs de Saint-Etienne la défense rémoise se trouvait en danger, particulièrement en période mi-temps, la deuxième étant beaucoup plus difficile pour l’attaque verte. Il n’y aura jamais eu de sérénité entre les 3 défenseurs centraux, et Joseph Okumu aura sans douté été celui le plus en difficulté, dans la lignée de son match à Nice.
- Le manque d’efficacité offensive. Plusieurs fois au cours de la première mi-temps, le Stade de Reims aura eu l’occasion d’égaliser, avant de concéder le deuxième but. Que ce soit Atangana, ou Tia par deux fois aucun rémois ne réussira à inscrire ce but pourtant si important qui aurait pu changer les choses et faire basculer le match du bon côté. Même chose en deuxième mi-temps où malgré une domination, le Stade de Reims ne parviendra jamais à revenir au score. De grosses opportunités sont à mettre à l’actif de Siebatcheu, Ito puis de nouveau Tia mais là encore aucun but malgré ces occasions franches. Ce manque de réalisme, Reims l’aura payé très cher pendant une longue partie de la fin de saison, où dans plusieurs matchs il y a eu des occasions de mener ou de revenir dans les matchs, mais dans beaucoup de cas, l’inefficacité criante de cette équipe aura impacter les résultats, et c’est cette même inefficacité qui placera peut-être le Stade de Reims à la position de barragiste samedi soir. Ce match face à Saint-Etienne est en quelques sortes un condensé de toutes les erreurs rémoises au fil de la saison.
ON S’INTERROGE
- Le Stade de Reims peut-il réellement espérer se maintenir par lui-même. Si le maintien est évidemment bien sûr encore envisageable il est légitime de se demander si c’est le Stade de Reims qui ira le chercher, ou si ce sont ses concurrents Nantes et Le Havre qui vont lui offrir. Avec 2 petits points d’avance sur Le Havre qui est barragiste, le Stade de Reims a encore son destin entre ses mains mais d’un autre côté dépend également du résultat du Havre à Strasbourg et dans une moindre mesure de Nantes qui jouera face à Montpellier. Si Reims venait à s’imposer, le maintien serait dans la poche. Dans le cas où le Stade de Reims parvenait à arracher un match nul à Lille, il faudrait que Le Havre perdre ou fasse match nul à Strasbourg, tandis que si Reims perd à Lille qui est objectivement le scénario le plus probable, Le Havre ne devrait pas gagner, soit faire match nul, soit perdre. Etant donné la difficulté d’affronter une équipe de Lille encore en pleine course pour arracher les barrages de Ligue des Champions et la 4e place, il sera très compliqué d’imaginer devoir compter sur le Stade de Reims lui-même pour se maintenir, surtout au regard du jeu affiché sur les trois derniers matchs. Il est probable que beaucoup de supporters du Stade de Reims deviennent le temps d’une soirée supporters de Strasbourg pour éviter un résultat positif du Havre qui mettrait dans le Stade de Reims dans une très mauvaise posture.