Une semaine après la défaite logique contre Saint-Etienne, le Stade de Reims avait encore la chance de se maintenir en comptant sur lui-même (voir résumé ICI). Mais un concours de circonstances avec une défaite rémoise et une victoire du Havre à Strasbourg précipite le Stade de Reims en barrages. Le club jouera son avenir en Ligue 1 dans une double confrontation face à Metz dont le match aller aura lieu dès mercredi à 20h. Voici ce qu’on a aimé et moins aimé.
     ON A AIMÉ
- L’envie des joueurs. Même si le Stade de Reims n’a pas produit un football flamboyant à Lille, une différence flagrante par rapport à la rencontre précédente est l’envie affichée par les joueurs, dans une situation d’urgence, une sorte de sursaut d’orgueil. Face à un adversaire qui restait sur une défaite 2-0 face à Brest et qui avait besoin de points, les joueurs de Samba Diawara bien que dominés ont tenté de rendre la tâche plus difficile pour les joueurs lillois, à tel point que les deux buts nordistes n’arrivent non pas d’actions construites mais d’un ballon contré qui arrive dans les pieds de Rémy Cabella, et d’un pénalty. Et même malgré le score de 1-1 après l’égalisation de Sergio Akieme, le Stade de Reims n’aura pas concédé énormément d’occasions. Cependant c’est peut-être ce surplus d’envie qui aura poussé Joseph Okumu a faire une faute clairement évitable à quelques minutes de la fin du match.
- Le but de Sergio Akieme. L’Espagnol est un habitué des reprises de volées, et cela s’est encore vérifié ce samedi. Comme en début de saison à Marseille ou la saison passée face à Toulouse, c’est une nouvelle fois à la suite d’un corner que le latéral est venu reprendre le ballon, le plaçant dans la lucarne de Lucas Chevalier impuissant sur cette tentative. Ce but vient en quelques sortes récompenser Sergio Akieme qui aura été un joueur régulier dans la saison difficile du Stade de Reims. Il a pris une dimension importante au sein de l’équipe, affichant des performances vraiment intéressantes. Nul doute que Samba Diawara va s’appuyer sur lui pour les barrages.
ON A MOINS AIMÉ
- Le manque de soutien offensif. Il est clair qu’en alignant 3 joueurs au profil plutôt défensif sur sa composition de départ face à Lille (Atangana, Koné, Gbane), Samba Diawara ne cherchait pas la créativité et cherchait à tenir d’abord le point du match nul. Cependant avec une défense à 5 assez basse et le manque de créateur au milieu a pesé lourd dans le bilan offensif du Stade de Reims. Avec les seuls Junya Ito et Jordan Siebatcheu devant, ils devaient attendre la plupart du temps les montées de Sergio Akieme et de Aurélio Buta pour apporter du poids devant. Il y a eu également un manque de précision dans les passes des milieux pour les deux attaquants. Reims aura bien sûr couru après le ballon, mais n’aura pas eu la possibilité de déployer une contre-attaque qui aurait pu faire mal aux lillois. Le jeu offensif était trop pauvre et cela s’est vu dans les statistiques avec seulement 5 tirs.
- L’intervention de Joseph Okumu. Le défenseur central n’avait pour une fois pas été mis en difficulté ou n’avait pas mis son équipe en danger jusqu’à son intervention. Malheureusement pour le Stade de Reims il aura manqué 5 minutes pour que son défenseur fasse un match parfait. 5 minutes au cours desquelles il retrouva un instant son niveau difficile qui l’a suivi toute la saison. Thomas Meunier lança un ballon dans le dos de la défense pour Chuba Akpom qui avait remplacé quelques minutes auparavant Jonathan David. Joseph Okumu décida de pousser d’un coup d’épaule rugueux, et assez fort pour faire tomber l’anglais alors que Yehvann Diouf pouvait encore jouer un face-à -face contre Akpom. Une intervention jugée illicite Willy Delajod qui sans hésiter désigna le point de pénalty.
ON S’INTERROGE
- Quels ajustements pour Samba Diawara. La formule du 5-4-1 ou du 5-3-2 ne fonctionne pas, c’est assez clair, et pourtant Samba Diawara s’entête à reconduire cette tactique. Cela peut encore être efficace dans le cas où il y a au moins un milieu créateur ou du moins qui est capable de réaliser une percée ou une bonne passe. John Patrick ou Gabriel Moscardo pourraient avoir ce genre de profil, mais ils ne sont pas énormément utilisés par Samba Diawara. Face à une équipe de Metz qui n’aura rien à perdre et en confiance malgré une fin de saison difficile en Ligue 2, faut-il que l’entraineur du Stade de Reims fasse des ajustements tactiques ou même de joueurs. Samba Diawara doit vite trancher car la semaine s’annonce chargée pour le Stade de Reims qui en plus de jouer le barrage aller dès mercredi à l’extérieur, se rendra au Stade de France pour la finale de la Coupe de France qui semble passer au second plan.
- Le Stade de Reims sera-t-il en pleine possession de ses moyens. Après une telle fin de saison avec 3 défaites pour finir, il se pose la question évidemment de la dimension physique et des possibles difficultés que peuvent éprouver les joueurs à terminer cette saison, mais le côté mental aura aussi une place très importante, si ce n’est plus. Perdre des matchs comme à Nice, ou à Lille n’est pas infamant sur le papier, mais au regard des scénarios, il est possible que les joueurs jouent avec la peur que ces scénarios se reproduisent. Il est peut-être possible que le Stade de Reims ait recours à un préparateur mental pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions, à défaut de soigner les maux de l’équipe de manière durable.